Quel parent ne s’est pas déjà buté à un refus catégorique de coopérer de la part de son enfant? Parfois, les échanges ressemblent à une négociation diplomatique qui pourrait déboucher sur une crise. Le neuropsychologue Benoît Hammarrenger offre ses conseils pour mieux gérer l’opposition.

CV

•    Nom : Benoît Hammarrenger
•    Pratique : Neuropsychologue et directeur des cliniques d’évaluation et de réadaptation cognitive (CERC) à Laval et à Montréal
•    Expérience : 13 ans
•    En librairie : L’opposition – Ces enfants qui vous en font voir de toutes les couleurs, Éditions Midi trente

1. Comprendre l’opposition
Avant de tenter de gérer l’opposition, la première chose à faire est de la comprendre. «L’opposition, c’est se faire dire non par un enfant quand on lui demande d’exécuter une tâche ou encore lorsqu’il n’accepte pas le refus», explique Benoît Hammarrenger. Si les parents font face à des phases d’opposition chez leur enfant à tout âge, en général, celles-ci débutent avec le terrible two et durent jusqu’à l’âge de quatre ans. «Chez la plupart des enfants, ça se calme pour mieux revenir au milieu de l’adolescence», ajoute le neuro­psychologue. En revanche, chez les enfants plus difficiles, la phase d’opposition se manifeste à tous les âges de l’enfance.

2. De l’opposition au trouble d’opposition
Les enfants atteints d’un trouble d’opposition cherchent en permanence la provocation et argumentent sur tout, rendant les interactions excessivement pesantes. «Les parents sont obligés d’utiliser l’autorité et de punir, détaille-t-il. C’est probablement le trouble qui crée le plus de détresse chez les parents, certains remettant même leur couple en question.» Selon le neuropsychologue, ces enfants ne recherchent aucunement l’approbation ou l’appréciation de l’adulte. «Ils vont constamment refuser la demande du parent, vont crier ou bougonner», ajoute-t-il.

3. Trouver les causes
L’opposition est souvent liée à un mal-être de l’enfant, mais il peut y avoir plusieurs raisons qui mènent à un trouble d’opposition. «Quand la phase normale est plus intense ou plus longue, il faut analyser les autres causes», suggère M. Hammarrenger. Il souligne d’ailleurs que, pour gérer efficacement ce comportement et désamorcer les situations d’opposition, on intervient sur la cause de cette réaction. «Par exemple, si un enfant est inquiet en raison de sa rentrée et qu’il fait une crise parce qu’on lui refuse un biscuit, il est plus efficace de lui parler de sa rentrée que de le punir pour sa crise», explique-t-il.

4. Être à l’écoute
Le neuropsychologue recommande de passer du temps avec son enfant afin de mieux le connaître et de créer un «espace d’empathie» où l’enfant sera à l’aise de parler. «Avoir un lien fort avec son enfant et passer du temps avec lui le rassureront sur sa relation avec son parent, dit-il. Il sera donc moins porté à s’opposer et plus enclin à collaborer.» Par ailleurs, il suggère aux parents de faire confiance à leur intuition lorsque quelque chose ne va pas. «Elle est souvent juste!»

5. Apaiser les interactions familiales
«Souvent, dans ces familles [où il y a un enfant avec un trouble de l’opposition], tout le monde crie», raconte M. Hammarrenger. Il est pourtant inutile de crier pour régler une crise. «Les parents doivent adopter un ton de voix posé et aimant», conseille-t-il. Pour le spécialiste, instaurer un climat plus paisible lors des interactions diminue le stress imposé à la famille. «Quand on a une consigne à donner à l’enfant, plutôt que de crier de la cuisine à sa chambre, on peut aller vers lui et se mettre à sa hauteur pour lui parler calmement», suggère-t-il.

 

 

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