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Daniel Breton, éducateur et consultant, a prononcé une conférence dernièrement à la salle Richard-Sauvageau à La Prairie. Invité par le CLSC Kateri, il a parlé des nombreux défis que doivent relever les parents.

1. Sommes-nous de meilleurs parents que les nôtres l’étaient?
«Je ne crois pas que ce soit une question de génération. Le bon parent, c’est celui vers lequel un enfant peut se tourner pour être réconforté et celui à partir duquel il peut partir explorer le monde en sachant que son parent veille sur lui. Nous cherchons tous à offrir aux enfants les meilleures conditions possible pour qu’ils se développent au mieux de leurs capacités. Nos histoires respectives façonnent notre manière d’être parents et chaque parent cherche à trouver un équilibre entre ses propres besoins et ceux de son enfant.»

2. Consacrons-nous le temps nécessaire à l’éducation de nos enfants?
«Je préfère parler de la qualité du temps qui est offerte aux enfants et du temps dont chaque enfant a besoin pour effectuer ses apprentissages. La question à se poser est plutôt : arrivons-nous à maintenir un équilibre suffisant entre le temps de qualité offert aux enfants et celui accaparé par la gestion de notre quotidien? Nos exigences de survie, tant affectives que sociales ou monétaires, nous permettent-elles toujours de consacrer le temps de qualité requis à l’éducation de nos enfants?  Parfois oui et parfois non.  L’idée, c’est d’y arriver le plus souvent possible.»

3. La quasi-disparition du modèle de la famille traditionnelle joue-t-elle sur le développement de l’enfant?
«Lorsque nous abordons le développement de l’enfant, certains facteurs sont considérés comme des facteurs de risque (négligence, mauvais traitements, abus, etc.) alors que d’autres sont considérés comme des facteurs de protection (milieu stable et prévisible, adultes disponibles capables d’appuyer l’exploration, d’offrir du réconfort, etc.). La présence de facteurs de risque ou de facteurs de protection ne relève pas du tout du modèle de la famille. Ce n’est pas tant le modèle de la famille qui prévaut, mais plutôt la qualité du service parental offert à l’enfant à travers le modèle choisi ou parfois subi. Un enfant qui obtient réponse à ses besoins de base avec les adultes qui l’entourent à de meilleures chances de se développer à son plein potentiel.»

4. Il n’y a pas de mauvais enfant, mais uniquement de mauvais parents. Vrai ou faux?
«Pour répondre, il faudrait d’abord définir ce qu’est un mauvais enfant ou ce qu’est un mauvais parent.  Le fait de poser un mauvais geste fait-il de la personne une mauvaise personne? Se peut-il qu’on fasse à la fois des choses très bonnes et parfois les mauvaises choses? Un enfant naît-il bon ou mauvais?  La bonté ou la haine sont-elles innées ou apprises? Nos philosophes en débattent encore. Je crois qu’il y a des cumuls de conditions, tant génétiques qu’environnementales qui favorisent ou non le sain développement d’un individu. Il faut se donner droit à l’erreur et viser à être le meilleur parent possible tout en sachant que nous ne serons jamais des parents parfaits.»

5. Le plus grand défi pour être parent aujourd’hui?
C’est celui d’être capable de demeurer disponible à son enfant malgré les exigences de la vie quotidienne, de bien décoder les besoins de ce dernier, même si parfois nos messages peuvent être contradictoires tout comme nos comportements.»

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