Métro Les hommes peuvent également être victimes du cancer du sein.

Moins de 1 % des cas de cancer du sein affectent les hommes. C’est si rare que la plupart des gens ignorent que cela existe.  Métro a posé des questions à un survivant sur sa bataille contre la maladie.

Il y a 11 ans, Rusty Lydon, un travailleur de la construction de Boston aujourd’hui âgé de 43 ans, a reçu le diagnostic de cancer du sein après avoir remarqué que du sang suintait d’un de ses mamelons. Mais comment pouvait-il avoir un tel cancer alors qu’il n’a même pas de seins?

Je suppose que vous n’aviez pas inspecté votre poitrine pour savoir si vous aviez une masse. Comment avez-vous découvert que vous aviez un cancer du sein?
Les hommes sont un peu bêtes, ils ne vont pas chez le médecin quand ils sont malades. Ils prennent une aspirine. Mais un jour, j’avais tellement mal aux sinus que je me suis décidé à aller voir mon médecin. J’en ai profité pour lui montrer la petite tache de sang qui avait eu le temps de se former sur ma chemise alors que j’étais dans son cabinet. Il m’a examiné, a pressé mon «sein» gauche, et du sang est sorti de mon mamelon. Il m’a alors dit d’aller passer une mammographie.

Vous êtes-vous demandé si votre médecin était fou?
Je me disais : «Une mammographie, mais c’est un truc de femme!» Le radiologiste m’a expliqué que j’avais une masse. J’ai cru que c’était simplement un kyste. Un mois plus tard, on me diagnostiquait un cancer du sein de stade 1.

Comment avez-vous réagi?
J’étais à terre. Mais les médecins m’ont dit que je guérirais complètement si je subissais une mastectomie. Je n’ai pas hésité. Aujourd’hui, j’ai une cicatrice de 25 cm sur la poitrine, mais comme je suis très poilu, ça ne se voit pas.

Est-ce que quelque chose en particulier cause le cancer du sein chez les hommes?
Mon médecin m’a demandé si je fumais de la marijuana, parce qu’on a observé que cela cause parfois une gynécomastie, c’est-à-dire le développement excessif des glandes mammaires chez les hommes.

Quand les femmes subissent une mastectomie, elles perdent ou se font réduire un, parfois les deux seins. Pensez-vous qu’il est plus facile pour un homme de composer psychologiquement avec un cancer du sein?
Pour les femmes, la poitrine est un élément central de la féminité, c’est une partie très importante de leur anatomie. Quand je regarde une femme, je trouve que c’est beau.

Avez-vous été embêté d’apprendre que vous souffriez d’une maladie qui, pense-t-on, ne touche que les femmes?
Être malade n’est pas quelque chose dont on a à avoir honte, mais ça m’a ébranlé. Les hommes ne sont pas portés à examiner leur torse. Maintenant, je fais régulièrement un autoexamen; je mets ma main sur ma poitrine et je me tâte.

Quelle a été la réaction de votre femme?
Ça aurait pu être n’importe quelle sorte de cancer, mais comme c’était un cancer du sein, c’était un peu étrange. Ça l’a beaucoup affectée. Moi, j’attendais uniquement qu’on m’enlève la tumeur et qu’on en finisse.

Votre femme a reçu un diagnostic de cancer du sein l’an dernier. Avez-vous eu l’impression que vous pouviez mieux la soutenir parce que vous aviez vécu la même chose?
Absolument. Je lui ai dit de ne pas trop s’en faire. Selon moi, une femme a tendance à se répéter qu’elle ne doit pas être malade, qu’elle ne doit pas mourir à cause des enfants. Moi, je voulais simplement qu’on me retire ça pour pouvoir retourner travailler. Aujourd’hui, elle est guérie, mais chaque fois qu’elle se sent un peu malade, je dois lui rappeler de ne pas sauter aux conclusions en croyant qu’elle a de nouveau le cancer. Il faut faire attention parce que, autrement, ce genre de crainte finit par vous tuer mentalement.

Il est assez rare
Nous avons posé ces questions au professeur Philip J. Drew, de la London Breast Clinic

Le cancer du sein est-il fréquent chez les hommes?
Non, il est assez rare. On diagnostique environ 1 cas de cancer du sein chez les hommes pour 100 cas chez les femmes.

Comment un homme, qui n’a techniquement pas de seins, peut-il souffrir d’un cancer du sein?
Il est faux de dire que les hommes n’ont pas de seins. Au cours de la vie d’un homme, il y a trois pics d’incidence de croissance des glandes mammaires : tout de suite après la naissance si le nouveau-né a été exposé aux hormones maternelles; à la puberté si le taux d’œstrogènes augmente avant le taux de testostérone; et enfin après 50 ans, alors que la diminution du taux de testostérone prédispose de nouveau à la croissance des glandes mammaires.

Est-ce héréditaire?
On pense que de 3 % à 6 % des cancers du sein sont héréditaires chez les femmes, tandis que de 10 % à 20 % le seraient chez les hommes. Ces derniers sont plus à risque s’il y a des antécédents de cancer du sein féminin ou masculin dans leur famille immédiate.

En chiffres
Le cancer du sein et les hommes :

  • Le cancer du sein est 100 fois plus rare chez les hommes que chez les femmes.
  • En 2012 au Canada, près de 190 hommes recevront un diagnostic de cancer du sein et 55 mourront de cette maladie.
  • Les hommes et les femmes présentant le même degré de développement d’un cancer du sein ont des chances similaires de survie.
  • Le risque pour les hommes de recevoir un diagnostic de cancer du sein au cours de leur vie est de 1 sur 1 000.

Source : Société canadienne du cancer

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