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MONTRÉAL – Le bonheur et le malheur n’ont aucun impact sur la mortalité, démontre une étude publiée par le prestigieux journal médical britannique «The Lancet», et les études qui prétendent le contraire inversent tout simplement cause et effet.

Les chercheurs tirent cette conclusion du suivi pendant au moins dix ans d’un million de femmes britanniques inscrites à une vaste étude, la UK Million Women Study.

L’auteure principale de l’étude, la docteure Bette Liu, a expliqué que la maladie nous rend malheureux, mais que le malheur lui-même ne nous rend pas malade. Elle dit n’avoir décelé aucune association entre le malheur ou le stress et la mortalité, même en étudiant un million de femmes pendant dix ans.

Cinq participantes à cette étude sur six ont indiqué être généralement heureuses, pendant que la sixième se déclarait habituellement malheureuse.

Comme cela était le cas lors d’études antérieures, le malheur a été associé à la privation, au tabagisme, à la sédentarité et au fait de vivre seule. Les femmes qui étaient déjà malades étaient toutefois plus susceptibles de se dire malheureuses ou stressées.

Même en tenant compte de l’état de santé préalable et du mode de vie, le taux général de mortalité était le même parmi les femmes malheureuses que parmi les femmes heureuses. La taille de cette étude permet d’exclure le malheur comme cause directe de toute augmentation de la mortalité chez les femmes.

Cela s’avère pour toutes les causes de mortalité, pour la mortalité associée au cancer et pour la mortalité associée aux maladies cardiaques.

«Plusieurs croient encore que le stress ou le malheur peuvent causer directement la maladie, mais ils confondent tout simplement cause et effet, a dit le coauteur de l’étude, le docteur Richard Peto, de l’Université d’Oxford. Évidemment, les gens malades ont tendance à être plus malheureux que ceux qui sont en santé, mais la UK Million Women Study démontre que le bonheur et le malheur en eux-mêmes n’ont aucun impact direct sur le taux de mortalité.»

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