Maxime Johnson BlackBerry 10 sur un téléphone de développement Dev Alpha B.

C’est mercredi que Research in Motion (RIM) lancera le téléphone BlackBerry 10. Le dernier-né de la firme canadienne annonce déjà de bonnes performances sur le plan technologique, mais les acheteurs seront-ils au rendez-vous?

Après tous les problèmes techniques et financiers des deux dernières années chez RIM, tout n’est pas perdu selon le professeur de marketing au HEC Montréal, James Loveland. «Il y a encore tout un marché de jeunes qui n’ont jamais eu de mauvaises expériences avec le BlackBerry, commente-t-il. Ce bassin représente une opportunité majeure.»

Le BlackBerry 10 a beau offrir un écran de 4,2 po et la plus haute résolution d’affichage (356 dpi) parmi les téléphones intelligents, RIM doit avant tout offrir un produit de qualité s’il espère reconquérir un marché encore largement dominé par le iPhone et les appareils Android. «On a beaucoup reproché à RIM son manque d’innovation. Est-ce qu’ils vont maintenant arriver avec un produit qui nous fera dire “wow”?, s’interroge le professeur de communications à l’Université Québec à Montréal (UQAM), Bernard Motulsky. C’est ce sur quoi les acheteurs vont décider.»

Les deux spécialistes interrogés s’entendent pour dire que le nouvel appareil sera accueilli avec scepticisme. Un prix attrayant est donc essentiel afin d’inciter les consommateurs à choisir le BlackBerry, et faire oublier des mésaventures telles que l’échec commercial de la tablette Playbook, littéralement abandonnée par RIM. «Et puis il y a un sentiment anti-Apple et anti-iPhone qui commence à s’installer. Apple n’est plus aussi hip», note M. Loveland. Ce dernier croit que les récentes critiques au sujet du iPhone 5, notamment sur l’application déficiente de cartes routières de Apple, pourraient en inciter plusieurs à faire le saut chez RIM.

RIM vit ce que d’autres géants ont vécu avant elle. L’entreprise a développé un marché, l’a perfectionné, et puis s’est fait devancer. -Bernard Motulsky, professeur de communication à l’UQAM

L’entreprise ontarienne a annoncé lundi des partenariats avec Disney, Universal Pictures, et 20th Century Fox, entre autres, afin de rendre disponibles à ses utilisateurs des films et des téléséries. Les usagers du Blackberry auront également accès à plus de 70 000 applications. C’est dix fois moins que chez Apple, mais il s’agit d’une ouverture vers le domaine ludique pour un appareil plus traditionnellement associé au domaine des affaires.

Après des pertes de revenus de 2,5 G$ en 2012, des pannes de services mondiales et une longue période d’inactivité, M. Motulsky croit tout de même que RIM peut ramener les gens vers le BlackBerry. «Parce que le marché est encore en plein essor. Mais s’ils manquent leur coup, la descente aux enfers va continuer», conclut-il.

Clavier ou écran tactile?
Plusieurs observateurs croient que l’écran tactile du BlackBerry 10 pourrait rebuter certains purs et durs encore attachés au clavier physique des premiers appareils.

Or, aux yeux du professeur de marketing James Loveland, les adeptes de longue date doivent seulement être convaincus. «Les groupes loyaux sont généralement réticents au changement, mais leur résistance peut facilement tomber si on leur montre un bon produit qui fonctionne bien», analyse-t-il.

Selon les données de RIM, près de 80 millions d’usagers seraient restés fidèles à leur BlackBerry à travers la tourmente des deux dernières années. Ils seront réjouis d’apprendre que RIM prévoit commercialiser dans les mois à venir une version avec clavier du BlackBerry 10.

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