Richard Arduengo | AFP Le succès de Despacito a fait connaître le coloré quartier de La Perla dans le monde entier.

Depuis le succès du morceau Despacito, les touristes ne cessent de défiler dans le quartier populaire de La Perla à San Juan, sur l’île de Porto Rico, où le clip de Luis Fonsi et Daddy Yankee, vu près de
trois milliards de fois, a été tourné.

Avant la sortie de ce tube de reggaeton au succès planétaire, les étrangers ne se pressaient pas dans ce quartier bariolé à la mauvaise réputation, où des petites maisons bleues ou jaunes font face à la mer. Maintenant, à peine arrivés, ils demandent: «Despacito

Les habitants leur montrent alors la direction de ces rochers devenus si célèbres depuis que Luis Fonsi y a chanté son refrain, ou du mur devant lequel a dansé l’ancienne Miss Univers Zuleyka Rivera.

Les touristes sont également ravis de découvrir que les joueurs de domino, réunis autour de tables dans la rue, sont bel et bien réels.

«C’est vraiment en raison du clip que je suis venue», explique Jennifer Adams, une institutrice américaine de 28 ans.

«J’ai regardé ce clip plein de fois. Je savais où je devais aller, j’ai pris des photos et j’ai essayé de danser», a-t-elle raconté.

Son but est maintenant d’apprendre les paroles de la chanson, en espagnol, pour pouvoir les chanter dans un karaoké.

À côté d’elle, une Suédoise se prend en photo devant les rochers, alors qu’un Marocain se promène le long de ce que les brochures touristiques ont surnommé la «Despacito Coast».

Ce déferlement soudain de fans de Despacito contraste avec la pauvreté du quartier, mais n’est qu’une conséquence logique du message mis de l’avant dans le clip.

«Les mots-clés étaient culture, sensualité, danse et couleurs. On est allés filmer dans un barrio où on pouvait retrouver tout ça», a expliqué le réalisateur du clip, Carlos Perez.

L’ampleur du succès qu’a connu ce morceau a certainement plu aux habitants de La Perla, mais ces derniers n’avaient pas attendu Luis Fonsi et Daddy Yankee pour essayer de redorer l’image de leur quartier.

Avant Despacito, les résidants de La Perla se battaient pour défendre cette partie du vieux-San Juan, nichée sur les hauteurs d’une péninsule et coincée entre les rochers et les murailles de la vieille ville.

Quelque 1 600 personnes habitent dans ce qui est l’un des quartiers les plus pauvres de San Juan, à l’économie majoritairement régie par le trafic de drogue, malgré les efforts du gouvernement.

Sur le site Yelp, plusieurs commentaires recommandaient aux touristes de ne pas se rendre dans ce cadre paradisiaque, mais potentiellement dangereux.

Mais depuis, la communauté s’est organisée : un boulanger communal et deux potagers ont fait leur apparition, et 80 000 $ provenant de donateurs particuliers ont été réunis pour rénover les maisons.

«Maintenant vous pouvez venir, il ne va rien vous arriver. Il n’y a pas de monstre ici, personne ne va vous tuer ou vous agresser», avance Yashira Gomez, présidente du conseil communautaire local.

Despacito ou Zika?
En mai, cinq mois après la sortie du clip, les réservations d’hôtel ont augmenté de 9% par rapport à la même période l’année dernière.

La hausse des fréquentations pourrait également être due à la fin du virus Zika, qui avait contraint les États-Unis à décréter l’état d’urgence sanitaire à Porto Rico l’année dernière. «Tous les éléments sont maintenant en place pour que Porto Rico devienne la destination la plus prisée des voyageurs voulant se rendre dans les Caraïbes», assure Jose Izquierdo, directeur de la Compagnie de tourisme de Porto Rico, détenue par le gouvernement.

L’homme est sûr que le succès de Despacito a permis à l’île d’améliorer son image. Un avis partagé par Marwan Badran, le responsable du site Hotels.com en Amérique centrale.

«On voit souvent des destinations devenir plus prisées après le succès de films ou de séries, ou quand des célébrités s’y marient. C’est pareil à Porto Rico maintenant.»

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