Pablo A. Ortiz/Métro Le cannabis sera légal le 17 octobre prochain.

Avec la légalisation du cannabis au Canada, qui entre en vigueur mercredi prochain, Montréal deviendra-t-elle la nouvelle Amsterdam? Le «cannatourisme» prendra-t-il son envol dans la métropole? Des acteurs du milieu se prononcent.

On nomme «cannatourisme» l’industrie touristique qui mise sur le cannabis pour attirer des visiteurs. Alexis Turcotte-Noël, fondateur de l’agence Montreal 420 Tours, qui offre des circuits guidés accompagnés de marijuana, est encore plus précis dans sa définition : «Premièrement, ce sont des activités en lien avec le cannabis, comme une visite de plantation, un cours de cuisine avec le cannabis. Il y a aussi un autre aspect qui est vraiment important et qui est souvent oublié : c’est l’aspect tolérance de l’endroit où fumer.»

Selon lui, des touristes de partout dans le monde pourraient débarquer prochainement à Montréal dans le but de profiter de la légalisation du cannabis. Ce seraient des «cannatouristes».

De son côté, Tourisme Montréal ne croit pas que l’afflux de touristes augmentera significativement à la suite de la légalisation, comme l’explique Andrée-Anne Pelletier. L’organe municipal responsable du tourisme de la métropole «n’utilisera jamais un élément précis pour attirer les touristes», confirme-t-elle. Il est donc très peu probable qu’on voie des publicités mettant en vedette le «cannatourisme» à Montréal.

Si les touristes viennent dans la métropole, ce sera pour sa scène culturelle, sa réputation de ville «foodie» ainsi que ses attractions touristiques, et non pas parce qu’ils pourront fumer du pot. «Montréal est sur une excellente lancée internationale. Mais les gens vont venir pour Montréal, pour ce qu’elle est. Je ne pense pas qu’ils vont venir parce que c’est légal de fumer du pot», affirme Andrée-Anne Pelletier.

«Même en matière de statistiques, ce n’est pas prévu à l’heure où on se parle de sonder les touristes pour savoir s’ils viennent ici pour ça», conclut-elle.

Le pot : déjà un attrait touristique
Même s’il n’était pas légal auparavant, cela n’a pas empêché le pot d’être un attrait touristique depuis déjà plusieurs années, selon Alexis Turcotte-Noël : «Ça fait déjà partie de la culture montréalaise. On se promène sur le Plateau, ça sent le pot!» Il cite à titre d’exemple le populaire rassemblement de tam-tams sur le mont Royal, événement très populaire auprès des touristes et où la marijuana est toujours présente. «On le faisait illégalement avant, on le fait légalement maintenant, ça ne change pas grand-chose», ajoute-t-il.

«Le cannabis fait déjà partie de l’offre touristique. Il ne faut pas penser que c’est nouveau», renchérit Alexis Turcotte-Noël.

À la suite de la légalisation, Alexis Turcotte-Noël s’attend à ce que les premiers touristes qui profiteront de la nouvelle législation et des circuits organisés offerts par sa compagnie soient des touristes «locaux», c’est-à-dire des Québécois et peut-être même des Canadiens. «On vise vraiment les touristes internationaux à long terme. La raison en est simple : le gouvernement aussi vise les touristes internationaux. C’est de l’argent nouveau qui rentre dans le pays.»

Le modèle Colorado
Lors d’un passage à Denver il y a quelques années, Alexis Turcotte-Noël a pu expérimenter l’offre «canna­touristique» du Colorado, État américain où la marijuana est légale. Il en garde un souvenir plutôt décevant. «On est allés visiter une plantation et je trouve qu’on n’y est pas restés assez longtemps. C’était vraiment axé sur fumer du pot, et ça, ça m’a moins plu», se souvient-il.

Métro a tenté de rejoindre l’office de tourisme du Colorado, plusieurs agences de voyages, ainsi que des compagnies spécialisées dans le «cannatourisme», en vain. Selon une intervenante qui a voulu demeurer anonyme, le cannabis est toujours un sujet tabou, même pour les acteurs du milieu.

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