La Petite Italie

Marcher à Mont­réal est de plus en plus facile, notamment grâce aux nombreux parcs et grands espaces verts de la ville. Mais marcher à Montréal, le Montréal des trottoirs, de la rue, des boutiques, des restaurants, des cafés, des bars, le Montréal des quartiers, le Montréal pluriethnique, le Montréal culturel, est-ce possible?

Oui! En plus, tout cela est possible en n’empruntant qu’une seule artère : le boulevard Saint-Laurent. Long de 11 km, celui-ci représente un beau défi à relever pour le marcheur avide de connaître, mais surtout de sentir et de vivre cette grande métropole qu’est Montréal.

Les «Champs-Élysées» montréalais
À la fin du XVIIIe siècle, le faubourg Saint-Laurent se développe en bordure du chemin du même nom, qui conduit à l’intérieur des terres. En 1792, on procède à la division officielle de la ville en deux quartiers est et ouest, de part et d’autre de l’artère. Puis, au début du XXe siècle, les adresses des rues est-ouest sont déterminées de façon à débuter au boulevard Saint-Laurent. Entre-temps, vers 1880, la haute société canadienne-française conçoit même le projet de faire de ce boulevard les «Champs-Élysées» montréalais. Mais l’histoire en décidera autrement.

Le boulevard Saint-Laurent peut être décrit comme le berceau de l’immigration à Montréal. En effet, à partir de 1880, les nouveaux arrivants s’installent le long d’un segment précis du boulevard, selon leur appartenance culturelle. Si, au bout d’un certain temps, certains déménagent dans un autre quartier de la ville ou en banlieue, les autres demeurent dans un quartier commerçant bien distinct (italien, portugais, chinois, etc.).

Un voyage dans l’histoire de Montréal
Le départ de la randonnée se fait au parc Nicolas-Viel (0,0 km), situé au bord de la rivière des Prairies, dans le quartier Ahuntsic. Traversant le quartier Ahuntsic, le boulevard Saint-Laurent mène à l’autoroute métropolitaine (3 km), puis au quartier Villeray, où il longe le parc Jarry (4 km). Celui-ci a constitué la première de­meure de la défunte équipe de baseball Les Expos et a accueilli le pape Jean-Paul II en 1984. Les Internationaux de tennis du Canada y ont lieu chaque été, au stade Uniprix.

Le Montréal italien
Arrivé à la rue Jean-Talon (5 km), le marcheur pénètre dans la Petite Italie, où les cafés, trattorias et magasins d’alimentation spécialisés animent la rue. Le célèbre marché Jean-Talon, grouillant d’activité, n’est situé qu’à deux rues à l’est (par la rue Shamrock).

Après un petit café espresso, celui du Caffè Italia (6840, boulevard Saint-Laurent) étant particulièrement sa­voureux, vous pourrez descendre le boulevard jusqu’à la rue Saint-Zotique (5,7 km), où se trouve le parc Piccola Italia avec son joli kiosque. Ce parc rend hommage à la communauté italienne venue habiter le quartier au début du XXe siècle. Réaménagé, il fut inauguré lors de la visite du président de l’Italie, Oscar Luigi Scalfaro, le 27 juin 1997. En face du parc se dresse l’église Saint-Jean-de-la-Croix, désormais convertie en copropriétés.

Odeurs et saveurs
Plus loin, le boulevard Saint-Laurent croise la rue Saint-Viateur (6,9 km), royaume du bagel encore tout chaud et des petites épiceries. À la hauteur de l’avenue Fairmount, les arômes de la fine cuisine indienne volent la vedette.

Entre l’avenue du Mont-Royal (8 km) et la rue Sherbrooke (9,7 km), une multitude de restaurants et de bars n’attendent que l’arrivée de la nuit pour faire vibrer la ville. Il n’est pas rare d’y voir plus de gens et de circulation automobile à minuit qu’à midi! C’est dans ce secteur que, depuis 1930, la charcuterie hébraïque de Montréal Schwartz (3895, boul. Saint-Laurent) sert ses réputés sandwichs à la viande fumée (smoked meat) dans un décor plutôt modeste.

La Main
Au sud de Sherbrooke, le boulevard Saint-Laurent descend littéralement jusqu’à la rue Sainte-Catherine (10,2 km), où il est communément appelé la Main. Dès le début du XXe siècle, ce secteur deviendra le noyau de la vie nocturne montréalaise. À l’époque de la prohibition (1919-1930) aux États-Unis, le secteur attire, chaque semaine, des milliers d’Américains venus y étancher leur soif et se divertir dans les nombreux cabarets.

Avant d’arriver au boulevard René-Lévesque, le célèbre restaurant Montréal Pool Room (1200, boul. Saint-Laurent), qui a pignon sur rue depuis 1912, propose, de l’avis de plusieurs, «les meilleurs hot-dogs en ville». Au sud du boulevard René-Lévesque, on pénètre dans le Quartier chinois par une porte d’arche très évocatrice de l’empire du Milieu. La rue De La Gauchetière, transformée en artère piétonne, est bordée de restaurants et encadrée également par de belles portes d’arche d’inspiration chinoise.

Un dernier effort!
À l’angle du boulevard Saint-Laurent et de la rue Saint-Antoine, l’édifice de La Presse, journal fondé en 1884, se dresse du côté droit. Du côté gauche (est) du boulevard Saint-Laurent s’élève l’imposant palais de justice de Montréal. Au bout du boulevard Saint-Laurent (11,2 km), juste passé la rue de la Commune, on pénètre dans le Vieux-Port à la hauteur du quai King-Edward.

À vos souliers

  • Longueur : 11 km
  • Durée approximative : 4 h
  • Accès
    Le boulevard Saint-Laurent est décrit dans le sens nord-sud. Le point de départ est le parc Nicolas-Viel (angle Saint-Laurent et Gouin).
  • En transport en commun :
    Métro Henri-Bourassa et autobus 69 Ouest. Arrêt à l’angle Saint-Laurent et Gouin.

  • En voiture :
    Un stationnement est situé dans le parc Nicolas-Viel, sur le boulevard Saint-Laurent, au nord du boulevard Gouin (rue Somerville).

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