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Kenya: L'appel de la nature

Nick Boulos - Metro World News

De tous les endroits où s’arrêter, c’était sûrement le moins prudent. Malgré tout, je suis descendu de la jeep ouverte. L’herbe chuchotante du parc national du Masai Mara craquait sous mes pas, et il n’y avait personne d’autre en vue que mon guide Charles. Soudain, la peur s’est emparée de moi. Une peur intense, en réalité.

Après tout, c’était la contrée du lion. Et du buffle. Sans oublier les autres grandes espèces qui ont élu domicile dans cette région marécageuse : le léopard, l’éléphant et le rhinocéros. En sus d’innombrables autres créatures, ils se promènent en toute liberté dans cette réserve protégée de 1 510 kilomètres carrés.

Lors de randonnées récréatives électrisantes, je m’étais habitué à rencontrer des troupes de lions par hasard dans des endroits inattendus. C’est pourquoi j’étais inquiet, à juste titre, de ce qui m’entourait et des bêtes qui pouvaient se tapir à proximité. « Êtes-vous sûr qu’il est sécuritaire d’errer comme ça?», ai-je demandé à Charles pendant qu’il allait chercher un panier à l’arrière de la jeep, stationnée sous le seul arbre que l’on pouvait voir à l’horizon.

Il m’a adressé un signe de tête rassurant, mais s’est quelque peu contredit en précisant avec désinvolture que l’arbre sous lequel nous nous tenions était la résidence officielle du léopard de la région. En levant les yeux vers le ciel, j’ai aperçu la carcasse vide d’une gazelle suspendue à une branche et des traces de griffes profondes dans le tronc. Rejeté sur le sol desséché se trouvait un crâne de zèbre crayeux. Silencieux, le parc s’étendait devant nous. Des zèbres et des cobes à croissant broutaient à quel­ques pieds de nous alors que, au loin, le soleil disparaissait derrière les collines.

Des milliers de touristes vont en masse à la réserve faunique du Masai Mara (sans doute la plus célèbre d’Afrique, à une heure de vol de Nairobi) pour entrevoir la migration des zèbres et des gnous. En juillet, des millions d’animaux risquent leur vie en traversant la rivière Mara, dont les eaux troubles sont infestées de crocodiles, pour se rendre au Serengeti, en Tanzanie. Si vous choisissez le bon moment pour visiter le parc, vous aurez toute cette nature sauvage pour vous tout seul. Du moins, c’est l’impression que vous aurez. En octobre, par exemple, comble de bonheur, votre jeep sera la seule à sillonner les sentiers cahoteux qui forment un réseau à travers le parc.

Le lendemain, nous avons aperçu un guépard qui se délectait d’une proie récente, un lion apeuré qui traquait un gnou et un troupeau d’éléphants qui avançaient lentement à l’horizon. Comme la chance nous souriait, nous avons fini par localiser Olive le léopard quelques heures avant mon départ. Elle était majestueusement allongée sur une branche haute et bien camouflée. Perçants, ses yeux ambrés nous fixaient intensément. J’aurais pu rester là toute la journée à étudier son magnifique pelage et sa queue qui s’agitait. Le plus rassurant, c’est qu’elle n’était pas perchée dans l’arbre où nous nous étions arrêtés quelques heures plus tôt.

Les trois grands
Le parc du Masai Mara n’est qu’une des nom­breuses réserves fauni­ques reconnues du Kenya. Chacune d’elles offre un petit quelque chose de différent.

  • Lac Nakuru

Des centaines de flamands donnent à ce lac spectaculaire de la vallée du Rift un éclat d’une couleur rose et chaude. C’est aussi un en­droit fantastique pour voir le rhinocéros blanc et le rhinocéros noir, plutôt rare.

  • Amboseli

À l’ombre du mont Kiliman­djaro couronné de neige, le parc Amboseli en met plein la vue, malgré sa pe­tite superficie. Il abrite no­tamment les cinq grands, le zèbre, la hyène et le chacal.

  • Tsavo

Le parc Tsavo est une option attrayante, car les touristes y sont moins nombreux. Il est réputé pour ses paysa­ges spectaculaires, sa con­centration élevée d’élé­phants et d’hippopotames ainsi que sa faune ailée.

Pour plus de renseignements : www.magicalkenya.fr

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