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Montréal

Vers un moratoire sur les interpellations policières sans motif?

La mairesse Soraya Martinez Ferrada, accompagnée de la cheffe de l'opposition, Ericka Alneus, et de la mairesse de Montréal-Nord, Christine Black.

La mairesse Soraya Martinez Ferrada, accompagnée de la cheffe de l'opposition, Ericka Alneus, et de la mairesse de Montréal-Nord, Christine Black.

La Ville de Montréal pourrait-elle imposer un moratoire à ses policiers concernant les interpellations policières sans motif? La mairesse Soraya Martinez Ferrada a ouvert la porte lundi.

Les récentes révélations concernant les actes racistes perpétrés par une équipe de policiers à Montréal-Nord monopolisent l’attention des élus depuis vendredi. Lundi soir, lors de la séance publique du conseil municipal, les élus ont adopté une déclaration contre le profilage racial. Une citoyenne s’est aussi présentée pour questionner la mairesse sur ses intentions à ce sujet.

«Pendant que le SPVM dit travailler à un virage culturel pour des résultats hypothétique, les jeunes racisés continuent d’être interpellés de façon arbitraires et traités de façon inacceptable par les forces de l’ordre. […] Allez-vous vous prononcer pour un moratoire sur les interpellations policières à Montréal?», a demandé Dardia Joseph, directrice générale adjointe de la Clinique juridique de Saint-Michel.

Me Joseph faisait écho aux propos de Carla Beauvais, élue de Projet Montréal, qui avait réclamé un moratoire quelques heures plus tôt.

Mairesse et victime de profilage

La mairesse a rapidement montré son ouverture à un tel moratoire. Elle souligne d’ailleurs qu’elle aussi a été l’objet de profilage racial à cause de ses origines chiliennes.

«S’il y a une chose avec laquelle je suis d’accord, c’est que les interpellations non fondées amènent énormément de profilage racial», a-t-elle dit. «J’en ai vécu. Vous en avez vécu. Nous en avons tous vécu, les gens racisés. C’est pourquoi nous avons mandaté la Commission de la sécurité publique d’agir urgemment. J’espère être en mesure de pouvoir réagir très rapidement sur la question des interpellations policières.»

La Commission de la sécurité publique doit soumettre son rapport annuel le 22 juin. Aucune date n’a encore été établie, mais la mairesse affirme vouloir convoquer le SPVM en commission avant cette date. La question des interpellations policières sans motif sera abordée, indique la mairesse.

«Si on veut rebâtir la confiance entre les citoyens de Montréal et le SPVM, ça fait partie des solutions qui doivent être envisagées», dit-elle.

En 2023, un rapport indépendant commandé auprès de deux chercheurs recommandait d’imposer un moratoire sur toute interpellation policière «qui ne soit pas justifiée par l’enquête d’un crime spécifique ou par le soupçon raisonnable d’une activité illégale». Le SPVM a toutefois refusé cette recommandation.

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