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Montréal

Le réseau des paniers bios fait des petits

Depuis quelques années, les producteurs locaux développent de nouvelles façons de livrer leurs produits. Après la tenue des marchés traditionnels, la livraison de paniers bios ainsi que d’autres modes de distributions sont en train de voir le jour au Québec.

À l’approche de l’été, une nouvelle saison commence pour les producteurs. À Équiterre, on connaît déjà le feu des nouvelles inscriptions aux paniers «fermiers de famille» depuis le mois de mars. Avec près de 82 fermes associées, le réseau approvisionne en fruits et légumes biologiques quel­que 354 points de chute dans 13 régions du Québec, touchant environ 30 000 citoyens. Si ce dernier semble avoir accusé un petit ralentissement «en raison des départs à la retraite de plusieurs fermiers et d’arrêts maladies», «nous sommes globalement en croissance chaque année», estime Isabelle St-Germain, coordonnatrice générale adjointe d’Équiterre. 

Des points de chute ont même été ouverts dans les entreprises. La plupart des fermes proposent des paniers d’été, tandis que quelques-unes ont lancé des paniers d’hiver (essentiellement composés de légumes racines). Le modèle du réseau Équiterre, aussi connu sous le nom d’Agriculture soutenue par la communauté (ASC), se base sur un principe né au Japon dans les années 1950 : des citoyens achètaient à l’avance les parts de récolte d’une ferme pour être livrés tout au long de la saison, aidant les fermiers à mieux répartir leurs coûts de fonctionnement. Aujourd’hui, ce fonctionnement n’est toutefois pas choisi par toutes les fermes.

À Martinville par exemple, la coopérative Alter-Native Bio propose aussi des paniers bio grâce à la mise en commun de la production de 7 à 10 fermes. Mais à la différence du réseau ASC, ce modèle ne demande pas aux consommateurs de partager les risques. «Nos clients sont considérés comme des clients, et non comme des partenaires», explique le fondateur, Richer Cloutier.

Crée en 2002, Alter-Native bio produit des paniers à l’année, en important une partie de sa récolte en hiver de maisons certifiées des États-Unis. À travers une trentaine de points de chutes approvisionnés toutes les deux semaines, elle a déjà fourni jusqu’à 500 familles par an, avant de recentrer son offre sur 250 paniers par année. «On attribue souvent 25 % à 30 % de croissance au secteur des paniers bios : nous sommes plus proches des 95 % d’augmentation par an!» affirme Richer Cloutier.

D’autres producteurs ont un fonctionnement ASC mais assument la distribution de leurs produits seuls, comme la ferme des Jardins de la Montagne, en Montérégie, qui propose des fruits et légumes biologiques à l’année pour près de 670 familles.

Hors des sentiers battus

Certains producteurs ont aussi décidé de sortir des sentiers traditionnels en proposant de nouveaux modes de distribution. C’est le cas de la ferme Odelile de Sainte-Monique-de-Nicolet, située au sud de Trois-Rivières. Elle livre elle-même sa viande biologique aux points de chute et à domicile. Les citoyens peuvent ainsi passer leur commande une semaine à l’avance pour que les produits soient livrés dans un point de chute, sans minimum d’achat.

Des livraisons à domicile gratuites sont aussi effectuées, avec un minimum d’achat de 150 $. «Nous n’avons pas choisi le système du panier bio, car la viande n’est pas un produit comme les légumes : tout le monde ne mange pas de tout et ne cuisine pas de la même façon», fait valoir la propriétaire Hélène Rouillard.

Autre cas de figure : les Marchés de la solidarité qui fleurissent à Sher­brooke, Québec ou encore Gatineau. Avec près de 1 300 membres et une trentaine de producteurs de l’Outaouais, le Marché de Gatineau mise sur une large offre de produits locaux (biologiques et non biologiques). Après avoir fait leur choix en ligne, les consommateurs peuvent récupérer leur livraison dans un local sans qu’aucun minimum d’achat ne soit requis.

Fondé sous forme de coopérative, le Marché repose sur une adhésion annuelle de 20 $, une part sociale de 10 $, et une majoration de chaque commande de 15 % afin de payer les frais de fonctionnement. Selon la présidente du Marché de l’Outaouais, «ce type d’initiatives pourrait fort bien s’adapter à Montréal, car il existe un fort bassin de population et une demande croissante pour les produits locaux.»

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