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Évasion

Puerto Plata: soleil, nature et histoire

Pascale Couture et Benoit Prieur - Guides de voyage Ulysse

Puerto Plata occupe un beau site naturel donnant sur l’océan Atlantique et accolé aux montagnes de la cordillère Septentrionale. Malgré son développement constant, le centre-ville a été peu modernisé et conserve toujours une ambiance et un cachet typiquement antillais. On a su y préserver plusieurs bâtiments de style victorien ou républicain datant du XIXe siècle, lesquels longent ses avenues, principalement celles aux abords du Parque Duarte (ou Central), où est concentré l’essentiel de l’activité commerciale.

À l’extrémité est de la ville se trouve Long Beach, qui borde une agréable promenade où se regroupent la plupart des installations touristiques de Puerto Plata. Mais, comme Long Beach invite peu à la baignade, la plupart des vacanciers optent pour les plages des stations balnéaires situées à l’extérieur de Puerto Plata.

La Fortaleza San Felipe

La Fortaleza San Felipe de Puerto Plata se dresse sur une petite pointe s’avançant dans l’océan à l’extrémité ouest de la ville. Construit au XVIe siècle afin de défendre le port contre les attaques de flibustiers, ce bâtiment à l’architecture massive constitue aujourd’hui l’unique héritage de Puerto Plata datant de la première période de colonisation de la ville.

À plusieurs reprises dans l’histoire, la forteresse servit non seulement à la défense de la ville, mais aussi de pénitencier. Elle renferme un petit musée militaire ainsi que la cellule (qu’on peut aussi visiter) où fut emprisonné en 1844 Juan Pablo Duarte, héros de la guerre d’indépendance du pays.

Le site offre une belle vue sur la ville, l’océan et les montagnes. Pour s’y rendre, on doit marcher jusqu’à l’extrémité du Malecón, cette longue promenade bordant l’océan sur plusieurs kilomètres. Le soir venu, le Malecón est un lieu privilégié de rencontre pour les familles et les couples dominicains. Une foule d’étals envahissent les trottoirs, et on peut s’y procurer des victuailles.

Le Parque Central
Le Parque Central  est un des principaux points d’animation de la ville. On trouve dans ses alentours une foule de commerces divers et de multiples restaurants. Ce parc, situé dans l’ancien quartier de la ville, est bordé de plusieurs bâtiments datant du XIXe siècle. En son centre se dresse une jolie gloriete dont la construction remonte à 1872. Il est flanqué, sur
le côté sud, de l’Iglesia San Felipe, datant de 1934 et de style Art déco, à l’aménagement intérieur très sobre.

Le Museo de Ambar
Le Museo de Ambar est aménagé dans une demeure néoclassique construite en 1918. Il possède une petite mais belle collection de pièces d’ambre, cette résine fossile qu’on trouve en abondance en République dominicaine. Une succession de petites vitrines protègent quelques pièces intéressantes, dont plusieurs renferment des insectes, notamment des coléoptères, ainsi que des végétaux emprisonnés au moment de la formation de l’ambre.

On peut également admirer des morceaux d’ambre de qualité et de couleurs variées. Pour en savoir plus sur cette résine, vous pouvez faire appel à un guide ou prendre quelques minutes pour lire les panneaux explicatifs relatant l’origine et la formation de l’ambre.

Le Pico Isabel de Torres
Le Pico Isabel de Torres offre, de son point le plus élevé, à 793 m au-dessus du niveau de la mer, un panorama exceptionnel de Puerto Plata et des plages, des montagnes et des autres villes de la région. Un téléphérique ainsi qu’une petite route abrupte et dangereuse mènent au sommet.

Cette montagne se trouve au cÅ“ur de la Reserva Científica Isabel de Torres, où poussent des palmiers, des tamariniers sauvages et des acajous d’Hispaniola, et où 32 espèces d’oiseaux ont été observées. Une impressionnante statue du Christ Rédempteur a été érigée sur la montagne, et des sentiers permettent de se balader dans des jardins fleuris.

La rhumerie Brugal

Si vous êtes un amateur de rhum, sachez qu’il est possible de visiter la rhumerie Brugal. C’est dans cette petite usine moderne qu’est embouteillé annuellement l’équivalent de 1 300 000 litres de rhum brun ou blanc, dont 95 % est consommé en République dominicaine. La visite est assez brève.

Par contre, les guides sont bien renseignés sur l’industrie du rhum dominicain et peuvent être une source de renseignements très intéressante. À la fin de la visite, on peut s’arrêter à un petit kiosque qui propose divers souvenirs de l’entreprise Brugal, notamment le fameux rhum sous toutes ses versions à des prix légèrement inférieurs à ceux qu’on trouve chez les détaillants.

Le Banco de la Plata et les baleines à bosse
Les baleines à bosse fréquentent l’océan Atlantique au nord de Puerto Plata, où elles trouvent des eaux calmes, protégées par un récif de corail. Nombre d’entre elles s’y reproduisent et y mettent bas. Afin de protéger cette zone marine d’une grande importance pour la survie de ce mammifère marin, une réserve a été créée, le Banco de la Plata, d’une superficie de plus de 3 700 km2. En raison des dangers pour la navigation dans cette zone, peu, voire aucune excursion d’observation des baleines n’est proposée.

Les débuts de la ville
Puerto Plata naquit au début de la colonisation de l’Amérique, en 1502, par la volonté de Nicolás de Ovando de doter la flotte espagnole d’un port de mer sûr et abrité le long de la côte nord de l’île. Les premières années ont été sous le signe de la prospérité. Cependant, le port de Puerto Plata perdit rapidement de son importance pour la Couronne espagnole, attirée dans d’autres régions de l’Amérique par la découverte de fabuleuses richesses.

Pour pallier le déclin de Puerto Plata, les habitants s’engagèrent alors dans des activités de contrebande avec les Français et les Anglais. L’Espagne ne pouvait toutefois accepter une contestation aussi ouverte de son autorité. Pour raffermir son emprise sur l’île, la métropole espagnole ordonna en 1603 la destruction complète de Puerto Plata et le transfert des habitants.

La renaissance de Puerto Plata date de 1742 et fut l’Å“uvre de quelques familles espagnoles originaires des îles Canaries. La ville redevint alors un important port de mer servant à l’expédition des richesses naturelles et des denrées alimentaires produites dans le centre du pays. Elle est aujourd’hui un centre urbain de taille moyenne très animé et possède le port le plus fréquenté de la côte nord du pays.

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