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Évasion

Le WWOOFing: voyager différemment

Si vous avez envie de voyager en sortant des sentiers battus, le WWOOFing est pour vous! Ce programme qui est né en Angleterre en 1971 tire son nom de l’acronyme World Wide Opportunities on Organic Farms. Il s’est depuis développé dans une quarantaine de pays.

En gros, vous travaillez dans des fermes biologiques de quatre à six heures par jour contre le gîte et le couvert. Bien plus qu’une simple expérience professionnelle, le WWOOFing, quand il se passe bien, se révèle une véritable occasion de rencontres et d’expériences. Carnets de voyage.

Quadra Island, à une heure d’avion et vingt minutes de traversier au nord-ouest de Vancouver. On a rendez-vous avec Bill Dubois, chez qui on va travailler trois jours, histoire de faire autre chose que du tourisme pendant nos trois semaines en Colombie-Britannique. Ce dernier nous a donné rendez-vous au pub où, ce soir-là, il donne une conférence sur l’entretien de la tronçonneuse à une vingtaine d’habitants de l’île. Pittoresque entrée en matière!

Dans sa su­per­be maison à cinq minutes de la mer, nous passerons des journées mémorables. Comme il exerce son métier de bûcheron trop loin, nous ne l’aiderons pas dans sa scierie, mais Barbara, sa femme, une cuisinière hors pair, a du travail pour nous dans son grand potager. Tous les hôtes qui reçoivent des WWOOFers ne sont pas des fermiers professionnels. C’était le cas au début mais, comme la demande était très importante, l’organisme a élargi le concept aux fermiers non professionnels qui n’ont plus le temps ou la santé pour entretenir leur propriété.

De plus en plus populaire
«Il y a 10 ans, on était les seuls, sur l’île à accueillir des WWOOFers, se rappelle Barbara. Aujourd’hui, on doit être une vingtaine à le faire.» La sÅ“ur de Barbara y a recours pour sa ferme d’huîtres, et même sa mère de 79 ans, qui est guide de chas­se, s’y mettra cette année pour se faire aider à entretenir son camp de base, dans le nord de la province. Avis aux aventuriers!

Mais tout n’est pas rose dans le monde du WWOOFing. Comme les WWOOFers ne sont pas rémunérés, ils peuvent offrir une main-d’Å“uvre bon marché à certains fermiers mal intentionnés. «Même si le programme est globalement un succès, on a entendu des histoires d’horreur», déplore Chida­kash, qui accueille avec sa femme des WWOOFers depuis 15 ans à Serenity by the Sea, son magnifique gîte sur Galiano Island. Certains fermiers exploiteraient les WWOOFers en les faisant dormir dans des endroits pas très salubres et en leur laissant juste des ingrédients pour préparer leurs repas.

Histoires d’horreur

Chidakash et Shera voient le WWOOFing comme un échange où les relations sont amicales et non pas professionnelles. Par contre, pas question de niaiser côté boulot. La journée de travail commence à 8 h 30 et dure jusqu’à 13 h 30. Une fois le repas (végétarien et sans produit manufacturé) terminé, il reste alors du temps pour des randonnées ou de la lecture dans la baignoire extérieure qui surplombe la mer. Inspirant!

Le meilleur souvenir de ces deux expériences restera sans conteste la balade avec Bill Dubois sur la plage qui borde sa propriété. Des milliers d’huîtres qui n’attendent qu’à être mangées ! «Il y en a tellement qu’elles s’installent à l’horizontale», rigole-t-il tout en nous en ouvrant quelques-unes et en les agrémentant d’un petit cours sur la faune et la flore locales. Le reste du voyage, un peu plus classique, gardera toujours le goût salé de ces huîtres dégustées sur la plage…

Le WWOOFing en questions

À qui cela s’adresse?
Les WWOOFers sont généralement dans la mi-vingtaine, mais certains sont dans la quarantaine et même plus. Comme aucun permis de travail n’est nécessaire, ils peuvent venir de partout; c’est donc une occasion unique de rencontres. La durée des séjours varie en moyenne d’une à trois semaines, mais l’expérience peut aussi durer deux jours ou deux saisons.

Comment procéder?
Il faut s’inscrire auprès de l’organisme qui chapeaute le WWOOFing dans le pays où on compte voyager. Au Canada, il en coûte 45 $. Cela donne accès aux coordonnées des différentes fermes biologiques. Depuis quelque temps, la banque de données s’est élargie pour inclure des gîtes et des particuliers qui ont besoin d’aide pour leurs grands potagers. Il est important de bien s’entendre sur la durée ainsi que sur les conditions de travail et d’hébergement pour éviter tout malentendu par la suite, conseille John Vanden, Heuvel de WWOOF Canada.

Et si cela se passe mal?
Comme le WWOOFer n’est pas rémunéré, rien ne l’oblige à rester. Et si son fermier est du genre esclavagiste, il peut le dénoncer sur le forum internet de l’organisme canadien. À la troisième dénonciation, l’homme est radié. Cela n’empêche pas le WWOOFer d’avoir des obligations vis-à-vis du fermier, comme celle de ne pas lui faire faux bon à la moindre contrariété ou parce que son itinéraire a changé à la dernière minute, précise M. Vanden Heuvel.

Des sites utiles pour les Wwoofers:
www.wwoof.ca
www.hyacinthehouse.com
www.serenitybythesea.com

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