Après avoir vu un camionneur causer la fermeture du pont Mercier jeudi matin, après y avoir circulé avec sa benne levée, l’Association nationale des camionneurs artisans propose que les véhicules lourds ne soient plus en mesure d’«avancer» si leur benne est inclinée.
Appelé par TC Média à réagir à l’incident qui a causé une heure de pointe matinale cauchemardesque le 18 février, le directeur général de l’Association qui représente 5000 membres propriétaires de 7000 véhicules est plus que clair.
«La meilleure solution serait que lorsque la benne est levée, le camion ne soit pas être en mesure d’avancer, ou que s’il dépasse 5km/h, il tombe automatiquement sur le Neutre», tranche Gaétan Légaré.
Toutefois, le principal intéressé admet que cette solution, qui peut sembler simple, est loin d’être facile à réaliser en raison d’une problématique de juridiction gouvernementale.
«La construction des véhicules lourds est fédérale, alors que la sécurité est provinciale. Lorsqu’il y a des modifications à apporter, les deux paliers doivent se parler. Tout routier fait une ronde de vérification visuelle et auditive avant prendre la route. On a travaillé pour que les provinces aient la même procédure, mais il a fallu trois ans avant de s’entendre sur les textes».
«Cabines d’avions»
Questionné à savoir comment le conducteur du camion qui a causé l’accident sur le pont Mercier n’a pas vu ou su que sa benne était levée, M.Légaré explique que les conducteurs sont déjà très sollicités dans leurs habitacles.
«On a tellement de lumières et d’avertisseurs que nos cabines commencent à rassembler à des cabines d’avions. Quand on passe 8, 10 ou 12 heures dans le véhicule, ça nous énerve et on ne les vois plus à un certain moment».
Gaétan Légaré ajoute que les routiers doivent aussi surveiller les piétons et les autres véhicules. «Il faut trouver des mécanismes permanents et qu’on soit capables de faire avancer cette technologie au Québec».
«Nous sommes d’accord pour qu’il y a ait des avertisseurs pour que l’on sache que notre benne est levée. Peu de camions sont équipés de ces avertisseurs. Ce qu’on a, c’est une lumière quand une pompe fait monter le cylindre».
Précautions «élémentaires»
Michel Crépeau, vice-président exécutif de l’École du routier professionnel du Québec, ne comprend pas comment l’accident à pu se produite.
«Ce sont des choses élémentaires lorsqu’on donne des formations à des jeunes. Avant de s’engager sur le réseau routier, chaque conducteur doit s’assurer que le véhicule est conforme. S’il vient de procéder au vidage de sa benne, il doit savoir qu’elle est redescendue à sa position fixe avant de prendre la route», explique Michel Crépeau,
«Quand le conducteur fait son balayage visuel toutes les huit ou dix secondes, il regarde dans ses rétroviseurs et voit bien que la benne est levée» dit-il.
Crépeau s’explique mal les circonstances expliquant la situation survenue sur le pont Mercier en pleine heure de pointe.
Pas une première
Ce n’est pas la première fois qu’un tel incident se produit au Québec.
En février 2015, un camion avec benne levée avait heurté une passerelle pour piétons au-dessus de la route 132. La route avait dû être fermée et la passerelle démolie.
Toujours en février 2015, un autre conducteur d’un camion-benne a perdu la vie après être entré en collision avec un viaduc, à Gatineau.
