Pour réduire le gaspillage alimentaire, BonApp, une startup du Mile End, lance une campagne de sociofinancement pour offrir des réfrigérateurs où les Montréalais pourront mettre leurs fruits et légumes sur le point de tourner. D’autres citoyens pourront ainsi les prendre gratuitement et leur offrir une autre vie.
Des paniers sont déjà en place dans cinq lieux, pour le projet pilote dont deux sur Le Plateau-Mont-Royal, pour les produits non périssables, sur le même principe. N’importe qui peut prendre ces aliments et les cuisiner. Les frigos seront installés notamment aux cafés le Moineau masqué et Névé, déjà collaborateurs dans Le Plateau-Mont-Royal.
Le projet est né de la prise de conscience d’une des cofondatrices de BonApp, Geneviève Rousseau, à l’effet que 47% du gaspillage alimentaire est fait par les individus. Au Québec, chaque personne jette en moyenne 180 kilos de nourriture par an soit l’équivalent de 800$.
BonApp a lancé sa campagne de sociofinancement sur la plateforme montréalaise La Ruche et a jusqu’ici récolté 2000$, soit le cinquième de l’objectif pour les réfrigérateurs qu’elle désire mettre à la disposition de tous.
«Ce qu’on essaie de faire, c’est vraiment difficile, c’est de changer les habitudes. On fait tous du déni en se disant. « Ah non, je vais le manger. Ah non, je vais le manger. » Puis oups, c’est rendu vraiment dégueu et la seule chose qu’on peut faire, c’est jeter aux poubelles. On veut que les gens se disent non, je ne le mangerai pas, je vais le laisser dans le point de collecte pour que quelqu’un l’utilise», explique la cofondatrice de BonApp, Geneviève Rousseau.
À l’aide du site Internet bonapp.ca, mis sur pieds par l’autre cofondateur de BonApp, Alexandre Vanier, il est possible de localiser les endroits où sont situés les paniers actuels et bientôt les frigos.
La jeune entreprise espère étendre son concept dans des résidences pour étudiants ou espace de travail de type coworking.
«Avec notre projet pilote, actuellement, des gens laissent des trucs comme du quinoa biologique. Des fois, à cause des spéciaux, on achète des aliments qu’on n’aime finalement pas. Avec les paniers, ça nous permet de les donner à d’autres personnes qui pourront les savourer», indique la cofondatrice de BonApp, Geneviève Rousseau.
La jeune entrepreneure donne aussi en exemple, comme type de gaspillage, des fruits qui même trop mûrs peuvent être excellents dans des recettes.
«Une banane noircie, c’est même meilleur dans un pain aux bananes. Des fraises qui sont moches, oui, on va utiliser la fraise dans un smoothie, mais on peut même utiliser les queues pour faire un sirop pour nos cocktails. Il faut qu’on change notre rapport à la nourriture et qu’on apprenne à optimiser les ressources alimentaires qu’on a», continue Mme Rousseau.
Pour se faire, la jeune startup organisera des ateliers, d’ici l’été, notamment avec des chefs de renom, pour apprendre aux Montréalais à optimiser leurs aliments, même lorsqu’ils sont sur le point de tourner. «Les chefs ont la crédibilité de faire changer les perceptions. En tant qu’individus, on ne fait pas de budget bouffe, alors qu’eux, avec leur restaurant, ils ont tout intérêt à optimiser au maximum chaque aliment qu’ils achètent», souligne Mme Rousseau.
Pour plus de détails ou encourager le projet de BonApp, c’est ici.
