Un automobiliste qui conduisait sur l’autoroute 40 ouest a eu la peur de sa vie lundi après-midi dans l’arrondissement Saint-Laurent alors qu’un énorme morceau de béton est tombé depuis le viaduc du boulevard Henri-Bourassa Est, ruinant le capot de sa voiture mais ne lui causant pas de blessures.
Les inspecteurs de Transport Québec se sont vite rendus sur place pour tenter de déterminer les causes de l’accident. Selon la porte-parole du Ministère des Transports Sarah Bensadoun, ce morceau d’une taille d’un mètre de longueur sur dix centimètres de largeur et dix centimètres de hauteur provenait de l’effritement du béton de surface ou ce qu’on appelle le béton de recouvrement, situé en dessous des barrières de protection.
«Dans ce cas spécifique, il appert que c’est une infiltration d’eau. On parle d’eau imprégnée de sel de déglaçage qui aurait provoqué la corrosion des aciers d’armature. L’acier aurait gonflé, ça aurait provoqué une fissuration et ultimement l’éclatement du béton de recouvrement. L’eau a pénétré à l’intérieur des fissures et avec l’effet de gel et de dégel des derniers jours, ça a provoqué le détachement du béton», a-t-elle confié au Nouvelles Saint-Laurent cette semaine.
Affirmant qu’il n’y a pas lieu de s’inquiéter, la porte-parole a toutefois affirmé que le MTQ prenait cet incident de façon très sérieuse et que conséquemment, 500 structures à travers la province seraient inspectées d’ici vendredi (17 janvier) dont environ 200 à Montréal. Si des travaux de sécurisation sont nécessaires, ils seraient faits d’ici la fin de la semaine prochaine (24 janvier).
Madame Bensadoun a rappelé que l’intégrité structurelle du pont d’étagement en question, dont la construction date de 1975, n’a pas été compromise.
En 2013, 217 structures étaient sous surveillance par le MTQ sur l’Île de Montréal. Ceux-ci seraient sécurisés entre une et quatre fois par année dépendamment de l’état de la structure. Le pont d’étagement Henri-Bourassa Est aurait été inspecté trois fois en 2013 : en mars, en avril et la dernière fois le 27 novembre.
«Lors de ces trois fois là, on avait déjà enlevé du béton qui aurait pu s’effriter, du béton en surface. Il n’y avait aucun élément qui nous permettait de prévoir l’incident», a dit Mme Bensadoun.
La journée de l’accident, 4,8 mètres cube de béton ont été enlevées par prévention. Rappelons que des débris plus petits étaient aussi tombés du viaduc sur la chaussée, de plus petits morceaux qui se sont effrités et qui ont causé deux crevaisons, mais pas de blessés.
À la suite de l’incident, le maire de Saint-Laurent Alan DeSousa, s’est dit préoccupé pour la sécurité des résidents, ainsi que des milliers d’automobilistes.
«L’administration laurentienne suit de très près cette situation inquiétante, qui aurait pu avoir des conséquences dramatiques, a-t-il expliqué. Nos équipes ont participé aux travaux correctifs sur la structure, ce qui a permis de rouvrir rapidement et de façon sécuritaire cette importante voie de circulation. Toutefois, pour éviter la répétition d’un tel incident regrettable, le conseil de Saint-Laurent exige de rencontrer dans les plus brefs délais les intervenants concernés», a-t-il dit.
L’autoroute transcanadienne a été fermée en direction ouest au boulevard Hymus pendant un temps lundi après-midi et le trafic fut redirigé vers l’autoroute 13. L’autoroute 40 a aussi été fermée partiellement dans les deux directions entre 22h cette journée-là et 4h45 le lendemain matin.