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Saint-Laurent

Des graffitis par dizaines à Saint-Laurent

Ewan Sauves

Une balade dans le Vieux-Saint-Laurent pourrait vous choquer. La présence de graffitis, certains vulgaires, sur les murs des commerces et des établissements scolaires dérange.

La rue Du Collège, l’avenue Sainte-Croix et une partie du boulevard Décarie: voilà les endroits dans Saint-Laurent les plus touchés par la problématique des graffitis, a constaté Nouvelles Saint-Laurent. En effet, quelques commerces dans le secteur du Vieux Saint-Laurent mériteraient une petite mise au point.

Les tags en question ne sont pas très grands, mais juste assez pour les apercevoir et brimer l’impact visuel de la Ville. Certains choquent plus, comme celui sur la façade avant de l’école primaire Parkdale: écrit à l’encre noire, on peut lire le mot «Fion» (autre mot pour signifier «Anus»).

L’arrondissement de Saint-Laurent dit prendre la situation très au sérieux. Toutefois, il ne s’agit pas d’une problématique inquiétante et les graffitis identifiés sont enlevés au plus vite, indique Paul Lanctôt, chef de la division des communications pour l’arrondissement.

«On collabore avec les commerçants, on fait un inventaire, on connait les endroits qui sont les plus souvent graffités, explique M. Lanctôt. Je ne pense pas que ce soit une problématique, mais il y a quand même un phénomène. Il ne faut pas baisser les bras, il faut faire de la prévention et de la sensibilisation.»

Programme méconnu?

Saint-Laurent dispose d’une enveloppe annuelle de 30 000$ pour l’enlèvement de tags illégaux sur son territoire, dévoile Paul Lanctôt. Cette somme, réservée exclusivement à cet effet, peut être dépensée comme le souhaite le conseil de ville.

En 2005, un programme d’enlèvement des graffitis sur le domaine privé a d’ailleurs été instauré. L’arrondissement offre à tout propriétaire qui en fait la demande d’effectuer des travaux visant l’enlèvement des inscriptions.

Ce service est offert gratuitement et le coût de l’opération est déduit des 30 000$. Toutefois, c’est la règle du premier arrivé, premier servi, il est donc possible qu’un propriétaire voit sa demande refusée si les fonds ne sont plus disponibles.

«On ne répond pas à toutes les demandes. Ça prendrait plus que 30 000$ pour enlever les graffitis dans le secteur du Vieux Saint-Laurent, convient Paul Lanctôt. Mais on ne laisse rien sur la table, on fait des opérations avec le SPVM et la Sécurité urbaine, on fait de la surveillance accrue dans certains endroits.»

Le propriétaire du magasin de vente et de réparation d’ordinateurs sur la rue Du Collège, qui a préféré ne pas être nommé, regrette n’avoir jamais entendu parler de ce programme. Sa propriété arbore des graffitis visibles de la rue et il ne savait pas qu’il pouvait faire appel à l’arrondissement.

«Il pourrait venir nous voir, nous dire qu’un tel programme existe et que les moyens sont là pour nous aider», mentionne le propriétaire.

L’art à la rescousse

Sébastien Pitre, président de Solutions Graffiti, une entreprise spécialisée à l’enlèvement de graffiti, dévoile une des solutions pour se débarrasser des graffiti: en enlever le plus possible, le plus rapidement possible.

«Le secret, c’est simple, c’est la rapidité, affirme M. Pitre. Sinon, on en enlève un et trois apparaissent le lendemain même.»

Toutefois, le remède le plus efficace pour se débarrasser à long terme des tags serait… l’art! En effet, face à une hausse accrue des graffitis sur son territoire, l’arrondissement de Lachine a par exemple pris les grands moyens et a créé, en 2003, le Programme Graffiti.

Ce dernier a pour objectif d’intervenir auprès des graffiteurs pour favoriser un changement dans leur attitude. Des animateurs sont envoyés sur le terrain afin de mieux les comprendre et les amener à prendre conscience des impacts découlant de leurs gestes dans la communauté.

Avec son Programme Graffiti, l’arrondissement de Lachine offre aux jeunes de pratiquer leur art sur des murs identifiés. Certains endroits des parcs publics sont à leur disposition et des intervenants offrent même des cours de graffitis sur rendez-vous.

«Quand tu fais une œuvre murale, tu améliores la qualité de vie, le sentiment de sécurité et tu réduis le phénomène de graffiti, admet le chef de la division des communications pour Saint-Laurent, Paul Lanctôt. C’est prouvé que si tu réalises une muraille artistique, les graffiteurs n’iront pas la vandaliser.»

M. Lanctôt n’a pas souhaité donné plus de détails à Nouvelles Saint-Laurent, mais il confirme qu’un projet pilote d’art mural est en préparation dans l’arrondissement. Pour la première fois, Saint-Laurent accueillera une murale artistique, proche du Parc Beaudet.

«Une propriété privée a accepté de la recevoir», conclut simplement Paul Lanctôt.

Qu’est-ce qu’un graffiti?

Un ensemble de représentations graphiques réalisées le plus souvent sur un mur. Ces représentations peuvent être à caractère social, politique, haineux, publicitaire ou décoratif. Le graffiti est un acte de vandalisme s’il n’est pas autorisé par le propriétairede la structure ou de l’édifice où il est réalisé.

Endroits problématiques à Saint-Laurent

– Vieux-Saint-Laurent

– Rue Du Collège

– Avenue Sainte-Croix

– École Parkdale

– Boulevard Marcel-Laurin

Astuces pour décourager les graffiteurs:

– Installer un grillage sur le mur en question

– Installer un module d’éclairage à l’endroit problématique

– Planter des arbustes

– Réaliser une murale artistiqueIntensifier la surveillance du quartier

– Nettoyez le secteur (un endroit délabré attire davantage les actes de vandalisme)

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