Saint-Laurent

Ça brasse au conseil!

Rarement un conseil d’arrondissement aura été aussi houleux à Saint-Laurent. Le ton a monté, des citoyens se sont invectivés entre eux, le maire s’est énervé, des conseillers répondaient à sa place, la période de questions s’est prolongée… À 22h, un jeune homme à peine majeur  attendait encore pour poser sa première question.

Allant voter pour la première fois pour les élections municipales, Tomy Parent a demandé candidement au maire des éclaircissements sur le mode de fonctionnement de la structure politique municipale. «C’est quoi les responsabilités d’un maire d’arrondissement?» Avec plaisir et pédagogie, Alan DeSousa a répondu à ses questions, notamment sur les défusions et sa conception du bien commun. Rare moment d’accalmie pendant les échanges avec les citoyens.

Une hausse de taxe?

La première période de questions a été plus tumultueuse. Plusieurs citoyens ont accusé l’arrondissement de «faire des tours de passe-passe» en tentant de leur dissimuler une hausse de taxes. «Vous nous prenez vraiment pour des poires», s’est exclamé Charles Benchimol.

C’est à ce conseil qu’a été voté le transfert de la capacité de taxer de 5 cents par tranche de 100$, de la Ville à l’arrondissement. Cette mesure, qui devrait permettre à Saint-Laurent de récolter 6,5M$, faisait partie du budget déposé en septembre. Or, les citoyens ont fait remarquer qu’avec la hausse de taxes annoncée à la Ville centre, ils se retrouvent, en fin de compte, avec des augmentations de taxes à tous les niveaux.

Chantal Pelosse a demandé à titre citoyen un tableau récapitulatif de dépenses liées aux contrats accordés aux firmes de génie-conseil. M. DeSousa s’est engagé à répondre à sa demande si cette dernière était claire et précise dans la lettre qu’elle a déposée.

Par la suite, cette Laurentienne, avouant ne pas tout comprendre aux termes techniques entourant les budgets, a demandé la tenue d’exercices citoyens transparents, non partisans. Organisé dans chaque quartier,  ils pourraient, dans un effort de pédagogie, expliquer quels sont les taux d’endettement de chaque Laurentien, où l’arrondissement emprunte et ce que veut dire le budget, croit-elle. Après un échange houleux, le maire, considérant que l’exercice est déjà fait lors de la présentation du budget, lui dit d’organiser elle-même ces rencontres.

Du changement pour les animaux

L’entente avec la Société pour la prévention de la cruauté envers les animaux a été renouvelée pour 2013. L’arrondissement dépensera 210 000$ pour assurer le contrôle animalier et prévenir les sévices envers les animaux.

Également, il est maintenant interdit d’avoir plus de quatre animaux à la maison et d’en abandonner un. Les seules façons de se départir d’un compagnon animalier sont de le confier à un autre propriétaire ou à un refuge.

Les promeneurs de chiens professionnels doivent quant à eux avoir un permis pour exercer leur métier. Il coûte 100$.

Pour les arbres: 623 500$

Un contrat d’un maximum de 620 006$ en trois ans a été accordé aux entreprises Daniel Robert pour la plantation, l’arrosage et l’entretien d’arbres. L’arrondissement participera aussi à la campagne «Révélez votre nature» en versant 3500$. Cette initiative du Conseil régional de l’environnement de Montréal vise à lutter contre les îlots de chaleur.

Pour les humains: 35 500$

L’école de Bois-Franc-Aquarelle, les Chevaliers de Colomb, la Corporation culturelle latino-américaine de l’amitié (COCLA), le Carrefour jeunesse emploi (CJE), Ressources jeunesse de Saint-Laurent et le Comité des organismes sociaux de Saint-Laurent (COSSL) ont obtenu des dons cumulant 35 500$ pour l’année 2012.

Brutalité policière?

Lors de la deuxième période de questions du conseil, Christine Dionne, étudiante à Saint-Laurent, a demandé au conseil de soutenir une enquête à propos de l’utilisation de la force policière lors du «printemps érable». Le maire a répondu qu’il jugeait que les policiers avaient fait leur possible pour assurer l’équilibre nécessaire entre le maintien de la paix et l’ordre, et le droit des citoyens de s’exprimer.

Christine Dionne et Tomy Parent, tous deux étudiants, ont confié plus tard qu’ils avaient commencé à s’intéresser à la politique et à la démocratie lors de leurs expériences en assemblée générale. «Je ne me considère pas comme un décrocheur démocratique. La grève m’a raccroché», résume Tomy Parent.

De mémoire d’homme – celle du directeur des communications Paul Lanctôt – aucun jeune n’avait pris l’initiative personnelle d’aller au conseil d’arrondissement depuis 2004. Alors que les élus quittaient la salle, les étudiants continuaient à parler politique. Ils prévoient revenir au conseil d’arrondissement.

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