Saint-Laurent

Bâtir le patrimoine

Les besoins en logement sont en hausse à Saint-Laurent. La conservation du patrimoine ne doit pas en pâtir pour autant, croit Dinu Bumbaru, porte-parole d’Héritage Montréal. Selon lui, il s’agit plutôt d’une occasion à saisir pour construire l’héritage des générations à venir.

On peut répondre à la fois aux besoins d’une construction rapide et à l’importance de la conservation du patrimoine. M Bumbaru rappelle que la Ville de Montréal a déjà construit des bâtiments patrimoniaux alors que la Ville enregistrait des hausses démographiques.

«Saint-Laurent est mieux préparé aux défis de la conservation du patrimoine qu’ailleurs», croit-il. Ayant été contacté par le maire de l’arrondissement, Alan DeSousa, M. Bumbaru croit qu’il y a un souci de préservation de l’héritage laurentien. «Les échanges que j’ai eus avec M. DeSousa m’ont rassurés», a-t-il déclaré.

«Au noyau de Saint-Laurent, il y une fierté civique importante pour les grands monuments comme les cégeps et les maisons environnantes», remarque le porte-parole d’Héritage Montréal. Il insiste pour souligner les efforts des propriétaires.

En plus de grands bâtiments sur l’avenue Sainte-Croix, il y a d’autres rendez-vous patrimoniaux moins connus comme le quartier war time housing et les maisons agricoles, comme la Maison Robert-Bélanger, par exemple.

Saint-Laurent: créature vivante

«Le sol agricole s’est urbanisé, ce qui a pu créer des contrastes pas très heureux et c’est là qu’on a du travail à faire. Il faut que la construction soit plus sensible au patrimoine des époques précédentes», pense M. Bumbaru

Selon lui, le vieux Saint-Laurent est bâti sur un noyau villageois où des bâtiments modernes s’insèrent harmonieusement avec des maisons anciennes. Il trouve intéressant de lier le patrimoine aux nouvelles constructions nécessaires à la hausse démographique.

«On n’est pas dans un site archéologique: c’est vivant!» s’exclame-t-il avec enthousiasme. Il souhaite toutefois que les nouvelles constructions puissent faire partie de l’héritage laurentien plus tard.

Pour avoir un potentiel patrimonial, il faut qu’un bâtiment puisse être intéressant dans 25 ans. Conséquemment, il doit être bien conçu, bien entretenu. «Des pierres dessinées par une bombe aérosol, ça ne fait pas du patrimoine fort», image-t-il.

«Il faut construire la ville, pas faire de la spéculation. Comment ça se fait que ce que l’on bâtit en 2012, on a l’impression que ça ne créera pas de patrimoine?» demande Dinu Bumbaru. Il croit que construire du patrimoine demande une vision forte et qu’il n’est pas prudent de compter sur les promoteurs immobiliers.

La construction du patrimoine demande un effort social, pense-t-il. «Si collectivement on est paresseux et on accepte n’importe quoi, on va avoir n’importe quoi», résume le porte-parole d’Héritage Montréal.

Il reste toutefois optimiste. «En se donnant ce défi de contribuer au patrimoine de demain, on s’assure de la qualité des projets. La qualité des réalisations découle de la qualité des défis.»

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