Saint-Laurent

Écrire en français…tout un marathon!

Environs 230 crayons parcouraient des pages blanches, laissant derrière eux des récits, en français, écrits par des nouveaux arrivants de Saint-Laurent qui terminent leurs cours de francisation. La 2e édition du marathon d’écriture organisé par le Centre d’accueil et de référence sociale et économique pour immigrants (CARI St-Laurent) avait pour thème :Ici, je m’ancre en français!

Laissant leur imagination s’exprimer en français, les marathoniens ont pu allier le plaisir de la création artistique et à l’emploi de la langue de Molière.  Ils ont été soutenus par leurs professeurs et par des auteurs québécois venus leur prêter main-forte. Très sérieux devant l’exercice, ils n’ont pas quitté leurs feuilles des yeux avant la fin, sauf pour demander conseil aux bénévoles.  Le CARI St-Laurent prévoit publier un recueil de textes qui auront été rédigés pendant le marathon.

Les artistes font du bénévolat 

Chrystine Brouillet, auteure québécoise prolifique présente lors de l’événement, qui s’est notamment fait connaître par ses nombreux romans policiers, trouve que c’est une richesse que d’avoir des gens qui viennent de partout. «C’est comme l’univers qui est ici pour un marathon d’écriture », résume-t-elle en souriant. L’écrivaine trouve que les marathoniens sont très courageux d’entreprendre l’apprentissage d’une nouvelle langue. « J’ai beaucoup d’admiration pour leurs enseignants. Après un an, leurs élèves parlent déjà français », a-t-elle rajouté.

Annick Charlebois, auteure de Peut-être que je connais l’exil était aussi présente. « J’ai été contacté par une amie qui sait à quel point le vécu des immigrants est important dans ma vie. Mon conjoint est Salvadorien et il aurait beaucoup aimé bénéficier de cours intensifs de français». L’écrivaine était heureuse de voir des artistes aider les étudiants en francisation, « pour leur enrichissement personnel et pour le nôtre. »

Émile Martel, poète a aussi voulu apporter son soutien aux marathoniens qui commencent à écrire en français. Souhaitant poser un geste de solidarité communautaire, M. Martel croit qu’« il n’y a pas de plus grand plaisir que celui d’écrire et de se relire. »

Lynda Thalie, auteure-compositrice-interprète est immigrante elle-même. L’artiste d’origine algérienne est arrivé au Québec lorsqu’elle avait 16 ans.  Par sa participation au marathon, elle a l’impression de défendre le français. «J’adore cette langue, c’est tellement riche ». Inspirée par les élèves en francisation, Mme Thalie reconnaît que « ce n’est pas facile d’apprendre une deuxième langue. Alors s’ils peuvent y prendre du plaisir, c’est mission quasi-accomplie »

Élisabeth Olivier, enseignante de français langue seconde, a longuement préparé ses étudiants au marathon d’écriture en leur faisant partager leurs créations littéraires une fois par semaine. « En petit groupe, ils partageaient leurs talents », a-t-elle résumé. La professeure estime qu’il y a un lien de causalité entre l’apprentissage rapide d’une langue et le plaisir qu’on a à l’apprendre.

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