Saint-Laurent

Une piste cyclable qui fait grincer des dents

La piste cyclable de l’avenue Sainte-Croix ne fait pas l’unanimité. Quelques mois après son inauguration, ce tracé pour vélos qui occupe une partie de la voie de droite et de gauche de la rue ne fait pas que des heureux. Les élus profiteront-ils de la saison froide pour réfléchir aux problèmes engendrés par cette piste cyclable?

La piste cyclable de l’avenue Sainte-Croix ne fait pas l’unanimité. Quelques mois après son inauguration, ce tracé pour vélos qui occupe une partie de la voie de droite et de gauche de la rue ne fait pas que des heureux. Les élus profiteront-ils de la saison froide pour réfléchir aux problèmes engendrés par cette piste cyclable?

«Il y a une tragédie qui nous pend au-dessus du nez», estime James Kromida, comptable agréé ayant pignon sur l’avenue Sainte-Croix. Ce dernier croit que les cyclistes, se retrouvant dans un trafic accru entre les chauffeurs d’autobus et d’auto, sont en danger. «Quelqu’un va finir par avoir un accident et perdre la vie», craint-il.

Cette inquiétude est aussi partagée par Gilbert Héroux, directeur général du Collège Vanier. «On est en faveur des pistes cyclables, mais on se demande comment ça a été fait», déclare-t-il.

Le directeur du cégep dit encourager les mesures environnementales. Voulant promouvoir l’utilisation de moyens de transport verts, il a fait installer de nouveaux supports où cadenasser son vélo. «Mais avec toute la circulation, le va-et-vient des voitures, sur Sainte-Croix, il y a des inquiétudes. Il ne reste pas beaucoup de place pour les cyclistes», observe-t-il.

Ce problème pourrait s’aggraver, selon lui, car «plus l’achalandage va augmenter, plus ça va augmenter l’interaction entre les piétons, les cyclistes et les automobilistes», évalue-t-il.

Lorsqu’interrogé sur les mesures prises pour atténuée la dangerosité de la piste cyclable, Jacques-Alain Lavallée, chargée de communication à la Ville de Montréal a répondu: «Tous les aménagements cyclables respectent les normes d’aménagement en vigueur. La sécurité est l’élément primordial qui est considéré en premier lieu dans tous les aménagements cyclables, peu importe le concept aménagé.»

Deux voies, une piste?

Lorsqu’on jette un coup d’œil à l’avenue Sainte-Croix, on a d’abord l’impression de voir deux pistes cyclables. Étant peinte sur les voies de droite et de gauche, la piste permet aux cyclistes d’avancer dans le sens du trafic. Cette mesure a toutefois l’effet de limiter l’espace réservé la circulation des voitures.

«Lorsqu’on double la piste cyclable, on double les risques, croit M. Kromida. La rue n’était pas si large au départ.» Il s’inquiète de voir des vélos circuler si près des voitures. « À titre de père de famille, ça m’inquiète», déclare-t-il.

Le porte-parole de la Ville, explique le type d’aménagement choisi. «C’est un concept de bandes cyclables de chaque côté de la chaussée à la droite des voies de circulation. Donc l’aménagement permet une réorganisation de la rue en repartageant les espaces des différents usagers de la route. Oui, effectivement, ce concept en marquage a pour effet de rétrécir la largeur des voies de circulation, donc peut avoir une incidence sur les vitesses des véhicules», dit M. Lavallée.

S’étonnant qu’il n’y ait eu aucune consultation publique, James Kromida se demande pourquoi la Ville n’a tout simplement pas installé la piste cyclable sur Saint-Germain, rue voisine où l’achalandage et le trafic sont moins importants. Le choix de cet emplacement aurait aussi eu pour effet de faciliter la vie des résidents souhaitant se stationner sur la rue.

«La voie cyclable Sainte-Croix fait partie d’un axe cyclable nord-sud qui traverse plusieurs arrondissements, explique Jacques-Alain Lavallée. Elle permettra aux cyclistes d’accéder à des secteurs d’activités importants: le secteur de l’Université de Montréal, le Mont-Royal, le centre-ville. Cet important projet cyclable s’inscrit au Plan de transport adopté en 2008. La portion du projet située sur l’avenue Sainte-Croix a fait l’objet de nombreuses rencontres avec l’arrondissement de Saint-Laurent, qui a privilégié son tracé», explique le porte-parole de Montréal.

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