Saint-Laurent

DeSousa lance un défi à Applebaum

Le maire de Saint-Laurent exige des réponses. Il demande au maire de Montréal de donner sa version des faits sur la diffusion de rapports à propos de la collusion dans les contrats de construction et l’adoption du budget. Selon Alan DeSousa, il y a «un gros écart» entre les déclarations de Michael Applebaum et les faits.

Le maire DeSousa a signé deux lettres assermentées pour faire connaître sa version des faits sur ces deux sujets chauds.

 «On est à un moment où on a besoin d’avoir confiance dans nos institutions, déclare-t-il en entrevue. Il y a un écart entre ce qui a été dit et ce qui est arrivé. J’exige des réponses! J’ai des comptes à rendre aux citoyens et le maire de Montréal aussi. Je mets Michael Applebaum au défi de répondre dans une lettre assermentée.»

«Nous, ce qu’on constate, c’est que M. DeSousa sombre dans la vielle politique municipale partisane. Au lieu de travailler pour Montréal,  il ressort des histoires vieilles d’un mois et demi sur lesquelles les élus se sont déjà prononcées, répond l’attaché de presse de Michael Applebaum, Jonathan  Abecassis. Actuellement on a l’intention de continuer à gérer la ville. On a très honnêtement autre chose à faire que des lettres assermentées.»

Adoption du budget

Dans une première lettre assermentée en date du 10 décembre, Alan DeSousa  décrit la façon dont Michael Applebaum aurait changé son fusil d’épaule au sujet de la hausse de taxes.

Il écrit que Michael Applebaum, alors président du comité exécutif, aurait d’abord recommandé le 30 octobre l’adoption du budget comprenant une hausse de taxes de 3,3%.

Deux jours plus tard, M. Applebaum aurait demandé au directeur général de la Ville de préparer d’autres versions du budget. Cette décision «aurait été prise unilatéralement», selon le maire de Saint-Laurent.

Le 7 novembre, dans une réunion tenue à huis clos, Michael  Applebaum aurait dit qu’«à la suite d’un échange avec le maire [Tremblay] avant sa démission, il était d’avis que le budget proposé ne serait pas approuvé par le conseil municipal», est-il mentionné dans la lettre. M. DeSousa, qui percevait le budget de manière favorable, aurait demandé à ce qu’il soit soumis à une discussion au caucus avant qu’une décision finale soit prise. Tous auraient appuyé cette demande.

Lorsqu’est venu le temps pour Union Montréal de choisir un remplaçant à Gérald Tremblay, Michael Applebaum aurait prétendu que si Richard Deschamps était choisi maire par intérim, l’augmentation de 3,3% serait maintenue. Une mesure impopulaire.

Le 9 novembre, M. Applebaum a présenté sa démission du comité exécutif et d’Union Montréal, évoquant le refus du comité à réduire la hausse de taxes. Quelques heures plus tard, M. Deschamps, en point de presse, précisait pour sa part que le comité exécutif n’avait pas encore pris de décision à ce sujet.

Collusion dans les contrats

Mais l’adoption du budget n’est pas le seul élément évoqué par Michael Applebaum au moment de remettre sa démission. Il a aussi évoqué entre le refus du comité exécutif de rendre public un rapport de 2004 sur la collusion dans les contrats de construction.

C’est ce qui est mentionné dans une autre lettre assermentée, signée le 17 décembre par Alan DeSousa, Richard Deschamps, Manon Barbe, Michel Bissonnet, Jocelyn Ann Campbell, Gilles Deguire, Helen Fotopulos et Claude Trudel. Ces élus donnent leur version des faits quant aux événements entourant plusieurs rapports sur la gestion des risques de collusion dans les contrats de construction.

Selon ce document, Gérald Tremblay aurait demandé à Guy Hébert, directeur général de la Ville de Montréal, de trouver un rapport datant de 2004 portant sur les contrats de construction. Toujours selon la lettre assermentée, l’ancien maire n’aurait pas eu de copie de ce rapport avant le 29 octobre.

«Dans le rapport de 2004, on estimait que les coûts d’un projet réalisé dans un marché ouvert différaient de 30 à 40% par rapport à un autre réalisé dans un marché fermé», indique la lettre. M. DeSousa et Mme Fotopulos ont confirmé qu’ils n’avaient jamais vu ou reçu ce rapport.

Le 30 octobre dernier, «M. DeSousa a exigé spécifiquement que ce rapport soit déposé immédiatement dans le domaine public». Selon le document, Michael Applebaum aurait refusé, alléguant que cette journée était consacrée au budget. Les membres du comité exécutif n’auraient donc pas reçu de copie de ce rapport.

Un autre rapport, datant de 2006, mettrait en lumière une sous-évaluation systématique des coûts pour les contrats de 2005, ainsi que le manque de dispositifs internes pour détecter la fraude et la collusion. Il n’aurait jamais été présenté au comité exécutif non plus, selon les signataires. Un rapport de 2009 n’aurait quant à lui été présenté ni au directeur de la Ville, ni au comité exécutif.

«Il fut alors convenu que tous les rapports […] allaient être diffusée simultanément le 12 novembre 2012», soit le plus rapidement possible, selon les signataires.  Ce qui a été fait, soulignent-ils dans la lettre.

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