Selon M. Chollet, la transaction est bénéfique pour tous les partenaires. Pour l’entreprise, « le rachat est intéressant pour eux, car la branche est compétitive et moderne. C’est rentable pour eux et ça cadre bien avec leurs perceptives de développement. Ils prennent pied sur le marché canadien où ils ne sont pas représentés. Il ne faut pas oublier qu’AJ Walter est un leader mondial dans la réparation et la location de pièces détachées dans les avions commerciaux. Ce n’est pas un petit joueur, c’est un groupe qui a de l’importance au niveau international », explique le professeur d’économie. Cette nouvelle serait également bénéfique pour les employés qui sont au chômage depuis plusieurs mois. M. Guay, n’a pas hésité à dire que « C’est une excellente nouvelle. »
Choc culturel
Selon l’économiste, la question du choc culturel pourrait se poser. Bien que le rachat soit une bonne nouvelle pour les employés, il se demande « comment les codes culturels vont circuler dans l’entreprise? » Il croit qu’ils devront être polyvalents parce qu’ils devront s’adapter à une nouvelle structure et à une différente façon de fonctionner. « Nous assisterons peut-être à la perpétuation des façons de faire locales », estime M. Chollet. Dans tous les cas, « l’entreprise est de calibre mondial et veut développer l’expertise. C’est un gain pour Saint-Laurent et ses employeurs qualifiés qui devraient jouir de bonnes conditions de travail », dit l’économiste.
Selon lui, la rétention d’emplois qualifiés est aussi une bonne nouvelle pour Saint-Laurent, car ce type d’occupation professionnelle permet la croissance. « Ce sont les employés qualifiés qui mènent des projets d’envergure de niveau international et qui vont créer de la richesse », affirme-t-il.
Le syndicat est présentement en négociations avec AJ Walter. « Il y a des négociations en cours au niveau des catégories de travailleur. Les salaires seront 10% moins élevés qu’avant, mais il va y avoir des primes de rendement et à la fin de l’année, ça devrait revenir à la même chose », explique pour sa part M. Guay. À la fin des négociations, le syndicaliste prévoit organiser une rencontre d’information avec ses membres.
La fuite des cerveaux
La compagnie Lufthansa a obtenu, par une décision du juge Louis Gouin, le contrat d’entretien des moteurs d’Air Canada le 21 août, ceci après avoir faire une offre lors de la prolongation du temps de soumission. « Nous étions contre la prolongation de la période d’offre. On savait que si Lufthansa remportait la mise, elle allait partir avec les contrats de réparation des moteurs et qu’aucun emploi dans ce domaine ne serait créé à Montréal. » Afin d’aider leurs membres à se replacer, le syndicat organisera une rencontre avec MTU, une entreprise dont le bureau canadien est en Colombie Britannique. « On a quand même des membres qui n’ont pas pu trouver d’emploi à Montréal, alors s’il y a d’anciens employés intéressés. Ce sera leur choix. Mais c’est sûr que j’aurais préféré les garder à Montréal. »
Ce phénomène d’exode des cerveaux inquiète le syndicat. M. Chollet explique que c’est un problème parce que « ces têtes pensantes ne travailleront pas à l’innovation. Ce sont des idées en moins pour le Québec, ce sont des richesses en moins qui ne sera pas créé. Il faut des idées pour faire de la richesse », dit-il.
Les Nouvelles Saint-Laurent News continueront à informer les lecteurs des développements dans le dossier d’Aveos.