Maria Vasquez, intervenante communautaire au comité logement Saint-Laurent détaille ces difficultés vécues par des locataires de Saint-Laurent. Selon elle, le manque de salubrité est un problème, notamment à Chamberland et Place Hogde-Benoit. Que ce soit en raison des infestations de punaises de lit, de cafards ou de souris, certains Laurentiens sont aux prises avec des conditions de vie très difficiles alors que leur propriétaire n’agisse pas, estime l’intervenante.
Mme Vasquez déplore l’attitude de certains propriétaires envers leurs locataires. « Il y a un pouvoir de certains propriétaires sur leurs locataires. Certains entrent directement dans le logement sans prévenir, rapporte-t-elle. D’autres demandent des dépôts, ce qui est illégal au Québec, mais les nouveaux arrivants ne le savent pas toujours. »
« Les Laurentiens ne sont pas assez informés de leurs droits et de leurs devoirs », croit-elle. Ce serait encore plus marqué chez les nouveaux arrivants qui sont au Québec depuis moins de trois ans. « Certains arrivent au pays et se retrouvent dans un logement insalubre et inadéquat. La majorité de leur revenu sert à payer le logement », dit Mme Vasquez. Cette dernière estime que « des propriétaires profitent des nouveaux arrivants, sachant qu’ils ne connaissent pas leurs droits ».
L’intervenante remarque aussi qu’à Saint-Laurent « il se construit beaucoup de condos, mais pas de nouveaux logements sociaux. » Selon elle, il n’y en a pas assez et locataires doivent patienter pendant des années sur une liste d’attente pour espérer obtenir un logement social.
Aussi, plusieurs familles laurentiennes se trouvent à l’étroit. Il y a plus de grandes familles à Saint-Laurent que de grands logements. «Un 5 ½ avec quatre enfants c’est trop petit », fait remarquer celle qui a souvent vu des familles dans cette situation.
Vers des solutions
Seule employée du comité logement Saint-Laurent, l’intervenante qui parle français, anglais et espagnol se frappe parfois aux barrières linguistiques. C’est pour cela qu’elle a créé un dépliant illustré, dans lequel des images mettent en lumière les droits et devoirs de chacun. « Le dépliant illustré est plus utile que les dépliants écrits », raconte-t-elle.
Aussi, Mme Vasquez a tenu à préciser qu’à Saint-Laurent les élus et les organismes sociaux travaillent ensemble. « Il y a une véritable concertation pour les Laurentiens. »
Se donner les moyens d’aider
Le comité logement de Saint-Laurent manque de financement. Travaillant à temps partiel, Maria Vasquez, qui épaule une vingtaine de personnes par semaine, souhaiterait que l’organisme bénéficie d’un plus soutien financier plus important.
Avec deux journées sur le terrain et deux journées au bureau, Mme Vasquez s’occupe seule de l’organisme. Elle a bien tenté de s’entourer de bénévoles pour l’aider à répondre aux besoins de tous, mais elle ne dispose pas de temps pour recruter de nouveaux volontaires pour remplacer ceux qui sont partis.
« Le comité logement aurait besoin de trois personnes. Une dans notre local à temps plein, une sur le terrain à temps plein et une aide juridique à temps partiel, qui viendrait une fois par semaine, estime Mme Vasquez.
Cette dernière a fait une demande de financement à Centraide. Elle espère recevoir une réponse positive de leur part lors de leur prochaine évaluation en 2015.
Pour en savoir plus sur les droits et devoirs des propriétaires et des locataires, Mme Vasquez invite les intéressés à visiter le site de la Régie du logement au www.rdl.gouv.qc.ca. Pour communiquer avec le comité logement Saint-Laurent ou organiser un atelier d’information, on peut appeler Mme Vasquez au 514 419-4820.