Réunis à l’Olympia le 11 août, 518 membres de l’Association étudiante du Cégep de Saint-Laurent (AECSL) ont exercé leur droit de vote en assemblée générale. 261 ont appuyé le renouvellement du mandat de grève, 243 ont voté contre et 14 se sont abstenus.
Ce mandat de grève obtenu à l’arraché ne fait pas que des heureux, admet Valentin Bellec, porte-parole de l’AECSL. «Nos procédures d’assemblées générales sont claires: dès que la majorité s’est exprimée, on s’incline d’un côté comme de l’autre. Nous n’obtenons plus les même résultats que dans les débuts de la grève, mais je respecte la décision de l’assemblée. Je comprends qu’il y ait des mécontents, mais en démocratie: on suit la volonté de la majorité, c’est comme ça» a-t-il déclaré.
«Nous avons ajouté des limites au mandat: si les frais retombent à ce qu’ils étaient en 2007, l’association n’est plus en grève. Aussi, s’il y a moins de 20 000 grévistes au Québec d’ici vendredi. La grève cesse de facto», explique M. Bellec.
20 000
L’AECSL s’est arrêtée sur le chiffre 20 000 «parce qu’à 20 000 étudiants, on peut établir un rapport de force», estime le porte-parole. Ce dernier n’est pas inquiet de la possibilité qu’une grève pendant les élections ne bénéficie aux partis politiques en faveur de la hausse des frais de scolarité. «Les libéraux et la CAQ vont faire leurs campagnes sur la loi et l’ordre. Le Parti libéral se présente comme le parti de la stabilité de la loi et de l’ordre qui n’hésite pas à avoir recours à des lois spéciales. Il veut véhiculer une image de dur et si jamais la grève prend fin, il pourrait dire que c’est en raison de la loi 78. Si la grève prend fin on donne raison à Jean Charest. À notre sens, voter en faveur de la grève, c’est enlever des munitions à M. Charest», croit M. Bellec.
Dans le cas où les étudiants du Cégep de Saint-Laurent seraient en grève ce vendredi, un piquet de grève serait tenu devant les portes du Cégep. «Nous ce qu’on souhaite c’est que les membres de l’Association respectent les décisions de la majorité en ne se présentant pas en cours. Le problème c’est quand certaines personnes ne respectent pas la décision de la majorité. Quand on décrète une grève, on n’a pas le choix d’empêche les gens d’entrer, mais ce n’est pas ce que l’on souhaite», confie le porte-parole.