Sud-Ouest

La sécurité domestique démystifiée à la Maison «0» Danger

Dans un ancien bâtiment vacant situé à l’est du centre Gadbois, à quelques centaines de mètres du chantier Turcot, se trouve ce qui pourrait être la maison éducative la plus dangereuse au monde. Inhabitée, celle-ci accueille dès cette semaine des enfants de 3e année du Sud-Ouest, qui la visiteront pour en apprendre davantage sur la sécurité domestique, une initiative unique à Montréal.

Il s’agit en fait de la Maison «0» Danger, une reproduction d’un logement moyen composée de cinq pièces, soit une cuisine, un salon, une chambre d’enfants, une salle de bain et un hall d’entrée. À l’intérieur, on y retrouve une série de mises en scène reproduisant des situations pouvant engendrer des blessures ou des intoxications.

Un couteau laissé sur la table, des rideaux qui touchent au calorifère et des produits ménagers facilement accessibles aux enfants ne sont que quelques-unes des menaces à reconnaître.

Accompagnés par des intervenantes de l’organisme Prévention Sud-Ouest (PSO), les participants sont invités à visiter le logement afin d’identifier les dangers présents dans chaque salle.

Sensibilisation

Bien que PSO soit le responsable de ce projet d’une valeur de 6000$, c’est la citoyenne Angélique Rault qui a créé la Maison «0» Danger dans son pays d’origine, la France, en 1999.

«J’avais vu que les accidents domestiques étaient responsables de plus de 18 000 morts par année [en France], soit plus que les accidents de la route. Plus de 1000 enfants ont visité la maison là-bas», raconte-t-elle.

Mme Rault a présenté son concept à PSO l’an dernier, qui a rapidement voulu collaborer avec elle pour le mettre en œuvre ici. «Le fait que ce soit interactif nous a vraiment interpellé. Les enfants peuvent réellement participer, donc ils retiennent mieux ce qu’ils apprennent», affirme Céline Berck, conseillère en prévention à PSO.

Lors de la visite de TC Media vendredi dernier, des adolescents de la Maison des Jeunes (MDJ) La Galerie, à Saint-Henri, étaient présents en tant que groupe de contrôle. Bien qu’ils ne soient pas le public cible de l’initiative (les 7 à 10 ans), ils ont tous dit apprécier l’expérience.

«J’ai trouvé ça très réaliste, fait savoir l’animatrice de la MDJ, Nathalie. Ce n’étaient pas des dangers n’importe quoi et ils nous donnaient de bonnes pistes sur comment être plus sécuritaires.»

Une idée exportable?

Angélique Rault envisage organiser des visites pour les camps de jour du Sud-Ouest, cet été, et même développer un module pour les aînés dans la Maison «0» Danger.

«Tandem Rosemont est très intéressé à avoir une version pour aînés dans leur arrondissement. Ce serait intéressant pour nous d’avoir des maisons un peu partout à Montréal, aussi», fait-elle savoir.

L’expansion internationale n’est pas un objectif pressant pour Mme Rault, mais elle a exprimé son intérêt pour cette idée à long-terme.

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