Ottawa mettrait plus que 3 milliards $ sur la table pour convaincre les provinces et les territoires de travailler sur des objectifs communs en santé.

La ministre fédérale de la Santé, Jane Philpott, a confirmé, mercredi, que les 3 milliards $ dont les libéraux parlent depuis la campagne électorale de 2015 ne sont prévus que pour couvrir les soins à domicile.

Il pourrait y avoir d’autres enveloppes pour les soins en santé mentale ou la réduction du prix des médicaments prescrits, entre autres.

«Les 3 milliards $, c’est l’engagement pour les soins à domicile», a-t-elle affirmé à sa sortie des Communes, mercredi après-midi.

Faut-il comprendre qu’il y aura d’autres sommes pour les autres priorités brandies par Ottawa?

«Il faut avoir des discussions», a-t-elle commencé par répondre avant d’utiliser l’exemple de la réduction du prix des médicaments prescrits. «S’il y a un besoin d’appui pour cela, alors, évidemment, nous allons discuter de cet appui», a-t-elle indiqué.

La ministre doit rencontrer ses homologues le 18 octobre pour revoir l’accord conclu entre Ottawa et les provinces sur la santé. Elle a déjà fait savoir que les transferts vers les provinces n’augmenteront plus que de trois pour cent par année, plutôt que six, décision prise par le gouvernement conservateur précédent et décriée par les provinces.

Depuis qu’elle a confirmé ce recul, donc, Mme Philpott cherche à changer la conversation et se concentre sur les autres sommes qui pourraient venir du fédéral, dont la promesse d’un 3 milliards $ pour les soins à domicile. Et voilà qu’elle fait miroiter d’autres contributions, sans les chiffrer.

Mais chaque fois qu’elle parle d’argent, la ministre de la Santé évoque des conditions, sans toutefois utiliser le terme.

Elle dit que les Canadiens doivent savoir comment sera dépensé l’argent. Et elle se dit convaincue que son gouvernement et ceux des provinces partagent les mêmes priorités, citant à répétition les soins à domicile, les soins palliatifs, les soins en santé mentale et le prix des médicaments.

Son homologue québécois, Gaétan Barrette, répète depuis des semaines qu’il refuse que tout argent fédéral destiné à des soins en santé soit lié par des conditions.

«Nous, on tient au fédéralisme asymétrique. Mais la décision la plus importante — la poule avant les oeufs — c’est le financement», disait-il encore mardi.

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