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MONTRÉAL — L’aide médicale à mourir ne serait pas un fardeau financier et pourrait au contraire amener des économies annuelles en santé au Canada allant jusqu’à 139 M$, selon une analyse publiée lundi dans le Journal de l’Association médicale canadienne.

Ces économies excèderaient les coûts directs associés à la mise en oeuvre de l’aide médicale au pays — estimés entre 1,5 M$ et 15 M$, peut-on aussi y lire.

Les Canadiens pourraient donc épargner annuellement entre 35 M$ et 139 M$ en soins de santé.

Les auteurs ajoutent que même si les économies potentielles ont été surestimées et les coûts sous-estimés, la mise en oeuvre serait, à tout le moins, à coût nul.

Mais ils notent d’entrée de jeu qu’il ne s’agit ici que d’une étude financière, comme il s’en réalise souvent pour les politiques publiques.

«Nous ne suggérons pas l’aide médicale à mourir comme une mesure pour réduire les coûts. D’un point de vue individuel, ni les patients ni les médecins ne devraient considérer les coûts lorsqu’ils prennent la décision très personnelle de requérir ou d’offrir cette intervention», écrivent les auteurs de l’étude, les médecins Aaron J. Trachtenberg et Braden Manns, rattachés notamment à l’Université de Calgary.

Ces économies anticipées découlent du fait que les coûts des soins de santé augmentent de façon substantielle chez les patients en fin de vie. Ceux qui choisissent l’aide médicale à mourir pourraient ainsi passer outre cette période de soins intensive.

Par exemple, au Manitoba, plus de 20% des coûts des soins de santé sont imputables aux patients durant les six derniers mois de leur vie, même s’ils ne représentent qu’un pour cent de la population, relèvent les auteurs.

Les chiffres rapportés dans l’étude ont été estimés en se basant sur les données publiées aux Pays-Bas et en Belgique, où l’aide à mourir est légale depuis un certain temps, en combinaison avec des données de l’Ontario sur les coûts des soins pour les patients en fin de vie.

«Si les Canadiens adoptent l’aide médicale à mourir d’une manière et d’une envergure similaire à ce qui passe aux Pays-Bas et en Belgique, on peut s’attendre à une réduction des coûts de soins de santé de l’ordre de dizaines de millions $ par année», écrivent les auteurs de l’étude.

Selon les évaluations faites, de 1 à 4 pour cent des Canadiens pourraient avoir recours à un médecin pour mettre terme à leur vie.

Des données canadiennes seront toutefois nécessaires pour préciser les économies et les coûts réels, avertissent les deux médecins, surtout que l’étude comporte certaines limites: les coûts des soins ont été calculés en fonction de ceux qui ont cours en Ontario alors qu’ils varient d’une province à l’autre. Aussi, l’aide à mourir n’est pas permise au Canada exactement aux mêmes catégories de personnes qu’aux Pays-Bas et en Belgique, ce qui a un impact sur les chiffres. Les auteurs jugent ainsi utile de recueillir notamment des données sur le type du patient canadien qui choisira l’aide à mourir assistée d’un médecin et sur comment les différentes provinces vont offrir cette option.

La prohibition de l’aide médicale à mourir, incluse dans le Code criminel, a été invalidée par la Cour suprême du Canada en février 2015.

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