Jonathan Hayward Jonathan Hayward / La Presse Canadienne

OTTAWA — L’Observatoire canadien sur l’itinérance estime qu’il serait plus avantageux de résoudre d’abord à la source les problèmes qui poussent des gens à devenir sans abri plutôt que de dépenser ensuite des sommes considérables pour les aider.

Dans un rapport publié jeudi, l’institut, qui se dit sans but lucratif et apolitique, presse le gouvernement fédéral d’adopter une stratégie nationale visant à prévenir à la source l’itinérance, comme on le fait avec les soins de santé préventifs. En bref: ne pas laisser les personnes devenir itinérantes dès le départ.

On estime à trois millions le nombre de Canadiens qui vivent dans la pauvreté chaque année, et quelque 235 000 seraient sans domicile fixe.

Les sommes consacrées aux soins d’urgence et au soutien pour les personnes en situation d’itinérance ne constituent qu’un élément de l’équation, tout comme les budgets alloués au logement, rappellent les auteurs du rapport.

En matière de prévention, les chercheurs évoquent notamment de meilleures mesures de soutien au revenu, comme une hausse du salaire minimum et des prestations sociales, un plus grand nombre de logements abordables, une formation sur la non-discrimination pour les travailleurs sociaux, les premiers répondants et les fournisseurs de services, et une approche budgétaire plus coordonnée pour lutter contre la pauvreté.

Ces dépenses, selon les auteurs, devraient par exemple inclure des programmes visant à aider les jeunes confiés aux services sociaux à passer à l’âge adulte. Car ces jeunes, rappelle-t-on, ont plus de risques de se retrouver dans la rue ou de le rester plus longtemps. Et il sera difficile ensuite de les sortir de l’itinérance.

«Pour prévenir les maladies, on vaccine. Pour prévenir les décès sur les routes, on installe des ceintures. Mais même si on reconnaît d’emblée la pertinence de la prévention en matière d’itinérance, on n’a pas vu de grandes initiatives nationales de ce côté au Canada», déplore l’Observatoire.

Ce rapport est le tout premier au Canada à proposer clairement ce qu’on pourrait faire en matière de prévention, ce qui marche et ce qui marche moins, alors que le gouvernement libéral s’apprête à dévoiler la nouvelle Stratégie nationale sur le logement. Par ailleurs, Ottawa mène depuis février une série de consultations sur l’avenir des programmes de lutte contre la pauvreté; un comité consultatif doit formuler ses recommandations d’ici l’automne.

Une porte-parole du ministre fédéral de la Famille, des Enfants et du Développement social, Jean-Yves Duclos, a soutenu jeudi que le gouvernement libéral adopte sensiblement la même logique que l’Observatoire en matière d’itinérance.

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