Sean Kilpatrick Sean Kilpatrick / La Presse Canadienne

WASHINGTON — L’industrie laitière américaine est divisée sur la question de la gestion de l’offre au Canada alors que les négociateurs doivent samedi discuter d’agriculture dans le cadre de la négociation de l’Accord de libre-échange nord-américain (ALÉNA).

Un contingent de fermiers américains se dit partisan du système canadien régissant les productions de lait, d’oeufs et de volailles et ne veut pas qu’il soit la cible des négociateurs de l’administration Trump.

Ces fermiers ne veulent pas éliminer ce modèle. Ils veulent le reproduire.

Au moins cinq organisations se disentpour la création d’un système similaire aux États-Unis. Certaines ont même envoyé des lettres aux négociateurs américains, exhortant Robert Lighthizer à ne pas toucher à la gestion de l’offre au Canada.

Ces groupes s’inscrivent en porte à faux avec la position du principal lobby américain du lait. Il s’agit également d’une position contraire à celle du gouvernement américain, qui s’oppose au système canadien et qui tente d’obtenir des brèches depuis de nombreuses années.

«Je détesterais de m’en prendre à une mesure visant à protéger les fermiers, quand c’est exactement ce que tentent d’obtenir les fermiers d’ici», affirme Darin Von Ruden, propriétaire d’une ferme multigénérationnelle de 50 vaches et qui est à la tête du syndicat des fermiers du Wisconsin.

«Le programme canadien de la gestion de l’offre n’est peut-être pas parfait. Il fait toutefois un travail suffisant afin que ses agriculteurs, particulièrement ceux du secteur laitier, puissent demeurer en affaires et remettre les clés de leur ferme à la génération suivante», ajoute-t-il.

Le système canadien est très réglementé étant donné qu’il limite les importations en plus de fixer les prix.

Il permet de protéger les activités laitières de la faillite, ce qui ne l’empêche pas d’être la cible de nombreuses critiques à propos de prix qui seraient plus élevés, d’une diminution de l’offre en épicerie et d’un isolement du Canada sur le marché international, notamment.

Le gouvernement canadien a toujours répondu que tous les pays prenaient différents moyens pour donner un coup de pouce à leur secteur agricole. Aux États-Unis, cela comprend entre autres de l’aide gouvernementale lorsque les fermes traversent des périodes économiques difficiles, fait valoir Ottawa.

De plus, les États-Unis ont leur propre système de gestion de l’offre en ce qui a trait au sucre. C’est pourquoi que le lobby canadien du sucre se trouve à Washington pour tenter de réaliser des gains qui pourrait profiter à l’Albert et son industrie des betteraves à sucre.

M. Von Ruden croit que l’industrie laitière aura toujours besoin d’aide, étant donné qu’elle est particulièrement vulnérable aux soubresauts du marché.

Son groupe n’est pas le seul à demander un système de la gestion de l’offre aux États-Unis. Deux autres organisations ont aussi transmis des missives à M. Lighthizer dans leurs propositions concernant l’ALÉNA.

«Ne mettez pas de pression sur le Canada afin d’affaiblir la gestion de l’offre, font valoir la National Family Farm Coalition et l’Institute for Agriculture & Trade Policy dans une lettre. Affaiblir le système canadien n’augmentera pas de façon significative les exportations américaines de lait.»

On s’attend à ce que les États-Unis demandent une faible brèche dans le marché laitier canadien. Lors des discussions du Partenariat transpacifique — qui ne verra pas le jour — ils avaient réussi à obtenir une part de marché de 3,25 pour cent.

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