QUÉBEC — Le manque d’ambulances a causé deux morts cette semaine dans la région de Québec, selon ce que soutient un syndicat, alors que le ministre de la Santé et des Services sociaux, Gaétan Barrette, parle d’«affirmations erronées».

La Fédération des employés du préhospitalier du Québec (FPHQ) a fait cette sortie à l’Assemblée nationale vendredi, car elle réclame en vain depuis des mois au ministre Barrette une hausse du nombre d’ambulances pour couvrir le territoire de la capitale.

Dans la nuit de vendredi, un appel d’urgence a été logé à 1 h 26 pour un problème respiratoire, selon le récit des événements fourni par la FPHQ. Les secours sont arrivés 15 minutes après, des manoeuvres ont été effectuées, mais le décès a été constaté à l’hôpital. Il y avait alors deux ambulances en service et il en aurait fallu deux supplémentaires, ce qui aurait raccourci le temps de réponse à 4 minutes, soutient-on.

Le ministre de la Santé et des Services sociaux, Gaétan Barrette, a soutenu pour sa part qu’il y avait eu «quatre ambulances disponibles au cours de cette intervention», et que le temps de réponse avait été dans les normes.

Selon M. Barrette, après que l’appel eut été classé priorité 1, à 1 h 34, les techniciens ambulanciers paramédics sont arrivés sur les lieux «à l’intérieur d’un délai de cinq minutes (…), soit dans les normes».

Dans la nuit de jeudi, toujours selon le syndicat, un appel a été acheminé vers 4 h 30 pour une intervention non urgente, mais 25 minutes plus tard, un autre appel a été logé parce que l’état de la personne s’était dégradé et qu’elle était même en arrêt cardiaque. Or l’ambulance a mis 35 minutes pour se rendre.

Ce patient aurait normalement dû être à temps dans une salle de réanimation à l’hôpital et aurait eu de grandes chances de survie, a plaidé Frédéric Maheux, de l’Association des travailleurs préhospitaliers.

«On voit que le manque de véhicules, ça ne marche pas, on part de beaucoup trop loin, on a des trop longs délais, a déclaré le représentant en relation de travail de la FPHQ, Jean-François Gagné. Donc, on réclame une dizaine d’ambulances pour être sûr que la population soit en sécurité.»

La porte-parole du Parti québécois pour la région de la Capitale-Nationale, Agnès Maltais, a accusé le ministre Barrette de se traîner les pieds.

«Pendant qu’il parle de régler le problème, une population est prise en otage, a dit la députée de Taschereau en conférence de presse au côté des représentants des ambulanciers. Alors, ce qu’il faut, c’est qu’il ajoute des ambulances tout de suite. Je pense qu’il est temps qu’il se réveille.»

Le ministre Barrette a aussi dit «trouver dommage que certaines situations soient rapportées de manière à discréditer l’organisation des services ou à inquiéter la population».

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