Jacques Boissinot / La Presse canadienne François Legault

Si des élections provinciales avaient eu lieu au début du mois au Québec, la Coalition avenir Québec (CAQ) aurait formé un gouvernement majoritaire et le Parti québécois (PQ) n’aurait pas gagné assez de circonscriptions pour être reconnu comme un parti politique à l’Assemblée nationale.

Une projection de répartition des sièges établie à partir d’un sondage LCN/Léger mené sur le web du 31 mai au 10 juin accorde 83 sièges à la CAQ, 33 au Parti libéral (PLQ), 5 au PQ et 4 à Québec solidaire (QS).

Les 3234 répondants au sondage publié dans Le Journal de Montréal donnent à 37% leur appui à la CAQ, neuf points de plus qu’au PLQ. Le PQ ne récolte plus que 19% de la faveur populaire.

Le sondage accorde au Parti libéral au pouvoir une domination totale dans plusieurs des circonscriptions des îles de Montréal et de Laval. À l’exception de ces deux régions, la majorité des ministres actuels ne seraient pas réélus.

Le sondage signale un maigre 7% d’indécis, ce qui démontre, selon Léger, que la plupart des Québécois ont déjà arrêté leur choix.

La marge d’erreur de la consultation est de plus ou moins 1,7%, 19 fois sur 20.

Réaction des députés
Mercredi, à leur arrivée à l’Assemblée nationale, les caquistes ont fait preuve de beaucoup de retenue lorsqu’appelés à commenter le dernier coup de sonde.

«On le prend comme une tape dans le dos, on le prend comme un encouragement de continuer de travailler, et c’est ce qu’on va faire jusqu’au 1er octobre partout au Québec», a affirmé la députée de Louis-Hébert, Geneviève Guilbault.

De son côté, le chef péquiste Jean-François Lisée a été bon joueur et a félicité la CAQ d’avoir «la carte du changement», avant de passer à l’offensive.

«Ils l’ont, à mon avis, trop tôt, et les gens vont se poser la question: ‘Une fois qu’on a dit ça, qu’est-ce que vous allez faire en éducation, en santé, en énergie et pour la langue?’ On est certain que sur chacun des sujets, leur position n’est pas crédible et la nôtre, elle l’est», a-t-il analysé, en ajoutant que le PQ continuera d’être «résilient, patient et méthodique».

Les libéraux ont affirmé se concentrer sur l’économie: «Ce qui me motive, c’est l’attitude du président américain, a déclaré la ministre des Relations internationales et de la Francophonie, Christine St-Pierre. Il faut défendre bec et ongles l’économie du Québec, et c’est ce qu’on va faire.»

Pour sa part, le co-porte-parole de QS, Gabriel Nadeau-Dubois, a dit comprendre que les Québécois ont un fort désir de changement. Mais, a-t-il soutenu, «il ne faut pas juste changer d’étiquette, de marque de commerce».

«Entre les libéraux et la CAQ, des différences de fond, il n’y en a pas, a-t-il tranché. Il faut changer de projet de société pour le Québec.»

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