AFP

TORONTO — Avec le temps chaud, il n’y a pas que le mercure qui grimpe: le nombre de cas de voyeurisme aussi.

Selon Domenic Sinopoli, un enquêteur de l’unité des crimes sexuels de la police de Toronto, environ 60 pour cent des cas de voyeurisme sont rapportés durant l’été.

Il croit que cela s’explique par le fait que les gens portent moins de vêtements et sont plus souvent à l’extérieur.

Le voyeurisme est défini par le Code criminel comme l’observation ou l’enregistrement subreptice d’une personne se trouvant dans des circonstances pour lesquelles il existe une attente raisonnable de protection en matière de vie privée.

C’est un crime passible d’une peine d’emprisonnement pouvant aller jusqu’à cinq ans.

D’après la police, le nombre de personnes photographiées ou filmées dans des moments inappropriés est en hausse, tout comme le marché pour ce type de contenu.

Le mois dernier, un homme âgé de 29 ans a été accusé parce qu’il aurait utilisé son téléphone intelligent pour prendre des photos sous les jupes de femmes dans une épicerie de l’ouest de Toronto alors qu’en mai, une caméra a été découverte dans la toilette d’un Starbucks du quartier des finances de la Ville Reine.

Une petite recherche sur Google pour ce genre de clichés donne six millions de résultats. Si les premiers liens mènent à des sites pornographiques, les autres permettent notamment de trouver des entreprises vendant des gadgets pour photographier «discrètement» à l’aide d’un cellulaire.

«Il y a un marché pour tout sur internet, particulièrement quand il s’agit de pornographie», affirme Jordan Donich, un avocat torontois.

«Les téléphones intelligents ont facilité les choses pour ce type d’infraction. C’était moins fréquent il y a 10 ou 15 ans parce que la technologie n’existait pas.»

Me Donich estime toutefois que partager le contenu en ligne n’est pas la principale motivation des individus qui photographient ou filment des personnes sans leur consentement.

«Ils le font parce qu’ils aiment ça, parce qu’ils veulent le faire et le fait qu’il y a un marché pour ça n’est que secondaire», pense l’avocat.

Deb Singh, une conseillère et activiste pour le Toronto Rape Crisis/Multicultural Women Against Rape, encourage pour sa part les gens qui croient avoir été photographiés ou filmés de manière inappropriée à dénoncer la situation.

Elle soutient que cela permettra d’amorcer un «dialogue» et d’alimenter la discussion sur les agressions sexuelles et le harcèlement.

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