Jacques Boissinot Nicolas Marceau. Jacques Boissinot / La Presse Canadienne

QUÉBEC – À la veille du dépôt de son premier budget, le ministre des Finances, Nicolas Marceau, a mis des chaussures neuves, parce qu’il est «fier du retour à l’équilibre budgétaire pour les Québécois».

Comme le veut la tradition, le ministre s’est procuré des souliers neufs et a reçu la presse dans son bureau, lundi, pour les exhiber.

«Ce sont des chaussures neuves, parce que je suis fier du retour à l’équilibre budgétaire pour les Québécois», a-t-il déclaré en les montrant. Son prédécesseur libéral Raymond Bachand avait choisi de faire réparer les siennes en début d’année, en signe d’austérité.

Mais la déclaration de Nicolas Marceau reste surprenante compte tenu des défis qui l’attendent. Il entend ainsi respecter le plan de match du gouvernement libéral précédent. L’équilibre budgétaire sera atteint dans l’année 2013-2014.

Pourtant, le gouvernement Marois a hérité d’un manque à gagner inattendu de près de 900 millions $, reconnu par Raymond Bachand lui-même, et qui à terme au printemps aurait cumulé à 1,1 milliard $, à la fin de l’exercice. De surcroît, les revenus du Trésor sont en deçà des prévisions, les rentrées sont ainsi inférieures de 500 millions $ aux objectifs.

Rappelons que le gouvernement Marois a invoqué ces raisons pour déposer ce budget prématuré, à l’automne plutôt qu’au printemps.

«C’était l’année la plus difficile, c’est celle où on atteint l’équilibre budgétaire, (…) qui exige des efforts importants, a-t-il dit, de façon très cryptée, pour éviter de dévoiler des détails précis et rompre le secret de l’exercice. On y parvient de façon très équilibrée, raisonnable et intelligente.»

Quant à savoir si le contribuable devra passer à la caisse et payer davantage, le ministre des Finances a dit qu’il n’y aura «pas de douleur». Tout le monde va faire faire son effort au sein des ministères, mais les contribuables ont «déjà fait un très, très gros effort» au cours des gouvernements libéraux précédents, a-t-il insisté.

Le ministre a tout de même minimisé certaines attentes. Il a affirmé qu’«on ne peut pas tout faire dans la même année», le gouvernement «ne peut réaliser tout ce qu’il voudrait, mais il en réalise beaucoup. Avec le temps on parviendra à réaliser tout ce qu’on s’était engagé à faire».

On sait déjà que le budget comportera des dispositions qui formaliseront des engagements électoraux du Parti québécois. Pensons notamment à la mise sur pied d’une assurance autonomie pour les personnes âgées ou handicapées.

Également, le ministre des Finances a indiqué la semaine dernière que son budget inclura des mesures concernant les caisses de retraite. La santé financière des caisses de retraite des Québécois inquiète le gouvernement, qui a mandaté un comité d’experts pour l’examiner. Un coup de barre semble inévitable pour assurer leur solvabilité.

Également, M. Marceau devra provisionner l’élargissement du réseau des Centres de la petite enfance (CPE). À terme, une fois les 28 000 places supplémentaires créées, il en coûtera 261 millions $ de plus.

Et enfin, petite anecdote: dans un geste de nationalisme économique, Nicolas Marceau a fait savoir qu’il a acheté ses souliers chez Aldo, parce que c’est un géant québécois de la chaussure.

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