The Associated Press

MONTRÉAL – La multinationale montréalaise Bombardier (TSX:BBD.B) dit n’avoir aucune raison de s’inquiéter après l’ouverture par l’Algérie d’une enquête sur la vente de huit appareils à un transporteur régional détenu par la société publique Sonatrach Petroleum, citée dans le cadre d’une enquête sur une autre multinationale montréalaise, SNC-Lavalin.

Le porte-parole de Bombardier, Marc Duchesne, a expliqué que la compagnie a vendu les appareils directement au transporteur Tassili Airlines sans avoir recours aux services d’un agent dont le nom a été mentionné relativement à des contrats obtenus par SNC-Lavalin (TSX:SNC).

«Nous n’avons été contactés par aucun gouvernement concernant ce dossier», a-t-il affirmé mardi en entrevue. «C’est de la pure spéculation», a ajouté M. Duchesne, selon qui rien ne prouve qu’il existe un lien entre Bombardier et cette problématique algérienne.

Des médias algériens citent des sources anonymes selon qui les autorités se penchent sur un contrat signé en 2006, portant sur la vente de quatre appareils Q400 pour 84 millions $ US. Quatre Q200 plus petits ont été commandés un an plus tard.

Deux autres compagnies, Airbus et ATR, avaient misé sur ces contrats, mais leurs offres n’ont jamais été rendues publiques. Une plainte a été déposée en 2006.

«Nous nous astreignons à une diligence raisonnable très stricte et je peux confirmer que cette transaction a été effectuée de la même manière», a-t-il dit.

Le président et chef de la direction de Bombardier, Pierre Beaudoin, avait signé les contrats en compagnie de l’ancien ministre algérien de l’Énergie et des Mines Chakib Khelil. Celui-ci a été chassé de son poste en 2010 en lien avec une affaire de corruption.

Khelil est un proche du consultant algérien Farid Bedjaoui, un individu éduqué à Montréal à qui SNC-Lavalin a fait appel pour décrocher au moins 1 milliard $ en contrats auprès de Sonatrach. Bedjaoui est soupçonné d’avoir trempé dans le versement de 200 millions $ en pots-de-vin à des entreprises du secteur des hydrocarbures afin de faciliter l’obtention de contrats.

Les tactiques mises en oeuvre pour décrocher des contrats ont entaché la réputation du fleuron de l’ingénierie québécois. L’ex-président et chef de la direction de SNC-Lavalin Pierre Duhaime a été formellement accusé de fraude en lien avec ses tentatives — fructueuses — d’obtenir le contrat de la construction du Centre universitaire de santé McGill (CUSM).

Quant à l’ancien chef des activités internationales de construction, Riadh Ben Aissa, il est derrière les barreaux en Suisse depuis avril après avoir été accusé de corruption, d’escroquerie et de blanchiment d’argent en Afrique du Nord — une région où SNC-Lavalin avait décroché plusieurs contrats.

Les actions de Bombardier se transigeaient à 3,99 $ en mi-journée à la Bourse de Toronto, en hausse de un pour cent.

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