Adrian Wyld Diane Finley.

OTTAWA – Le gouvernement conservateur a cessé la publication de données importantes sur l’emploi au pays alors qu’il s’apprête à effectuer des changements au programme d’assurance-emploi.

La ministre des Ressources humaines, Diane Finley, doit annoncer les détails de cette réforme ce jeudi. Les modifications viseraient plus particulièrement les travailleurs qui font fréquemment des demandes de prestations d’assurance-emploi.

Des sources ont révélé que les changements pourraient comprendre une baisse progressive des prestations pour les gens qui ont souvent recours au programme, une mesure qui toucherait directement les employés saisonniers.

La refonte, qui aurait fait l’objet de multiples ajustements même à la veille de son dévoilement d’après les sources, doit resserrer les règles de l’assurance-emploi et la définition de ce qui constitue un «travail approprié» et une «offre d’emploi raisonnable» tout en tenant compte des réalités régionales.

La Presse Canadienne a toutefois appris que le ministère de Mme Finley avait cessé de transmettre à Statistique Canada les renseignements les plus récents concernant les sommes versées par le fédéral à chaque province pour l’assurance-emploi, et le nombre moyen de semaines de prestations dans chaque région du pays.

Selon le site Web de Statistique Canada, trois tableaux habituellement produits dans le cadre de son rapport mensuel sur l’emploi ne sont plus disponibles, faute de données.

Un porte-parole de l’organisme fédéral a déclaré que des incohérences avaient été découvertes il y a un an dans les chiffres fournis par le ministère des Ressources humaines et que personne n’avait réussi à résoudre le problème.

Une note de service interne obtenue par La Presse Canadienne montre que, en dépit de ces incohérences, Statistique Canada avait été capable de réaliser des tableaux durant la dernière année mais que, à compter de mai 2012, il n’y aurait plus assez de données pour le faire.

Les tableaux sur le nombre de bénéficiaires de l’assurance-emploi sont toujours disponibles.

Les demandes d’information concernant l’assurance-emploi ont augmenté après que le gouvernement de Stephen Harper eut commencé il y a quelques semaines à lever le voile sur la réforme du programme.

«Avec le manque de données, il va être difficile d’analyser l’impact des changements aux règles de l’assurance-emploi lorsqu’elles seront implantées», a affirmé Andrew Jackson, économiste en chef du Congrès du travail du Canada.

M. Jackson s’inquiète de voir Ottawa limiter l’accès au programme tout en réduisant les possibilités d’appel, laissant ainsi peu de marge de manoeuvre aux arbitres pour prendre en considération les circonstances locales et personnelles.

C’est lors du dépôt du budget au printemps que les conservateurs ont annoncé pour la première fois qu’ils souhaitaient «clarifier» qui pouvait recevoir des prestations d’assurance-emploi, prenant pour cibles les gens qui utilisent souvent le programme.

Le gouvernement a inclus des dispositions dans le projet de loi omnibus du budget lui permettant de réviser les critères pour les travailleurs demandant des prestations, mais n’a pas donné beaucoup de précisions.

Les rares détails qui ont transpiré jusqu’ici ont souvent été contradictoires et toujours controversés, suscitant des critiques de la part des premiers ministres du Canada atlantique, de l’opposition et des syndicats.

Le Nouveau Parti démocratique (NPD) a déclaré que la décision des conservateurs de réformer le programme tout en arrêtant de publier les données relatives à son coût témoignait d’un manque de transparence dans l’élaboration des politiques gouvernementales.

«La transparence n’a pas été leur point fort dans ce dossier», a indiqué la députée néo-démocrate Peggy Nash. «Le processus est douteux.»

L’annonce de jeudi devrait préciser le genre d’emploi, la distance maximale entre le lieu de résidence et le lieu de travail ainsi que la réduction de salaire qui seront dorénavant considérés comme acceptables pour les prestataires.

«Les améliorations apportées à l’assurance-emploi seront sensées et raisonnables, et aideront les Canadiens à trouver un emploi dans leur région», a indiqué Alyson Queen, la porte-parole de Diane Finley.

Jeudi, Mme Finley devrait également fournir des explications sur le projet du gouvernement visant à envoyer davantage de renseignements sur les emplois disponibles aux chômeurs. Le budget a prévu consacrer 21 millions $ sur deux ans à la mise sur pied de ce nouveau service.

Statistique Canada a révélé mercredi qu’il y avait quelque 237 000 postes vacants au Canada en février. Cela représente environ un emploi pour 5,8 travailleurs au chômage.

Les conservateurs ont souvent exprimé leur frustration par rapport au nombre élevé d’emplois disponibles même lorsque le bassin de chômeurs demeure important.

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