TORONTO – Une attaque gratuite sur une femme musulmane près d’une école primaire de Toronto semble avoir été «motivée par la haine», a dit la police, mardi, alors qu’elle enquêtait sur l’incident qui a largement été dénoncé par les politiciens locaux.

L’attaque est survenue deux jours après qu’une mosquée de Peterborough, en Ontario, eut été incendiée dans la foulée des attaques terroristes qui ont fait 129 morts à Paris, vendredi.

La police de Peterborough considère l’incendie comme un crime haineux, et le premier ministre Justin Trudeau a assuré aux musulmans canadiens que le gouvernement fédéral allait travailler d’arrache-pied pour trouver les responsables.

L’attaque de Toronto a eu lieu autour de 15h, lundi, près de l’école publique Grenoble, alors qu’une femme allait chercher son enfant.

La police a indiqué que la femme, qui portait un hidjab, a été approchée par deux hommes, puis attaquée.

Les deux hommes lui ont crié des propos discriminatoires et ont tenté de lui enlever son hidjab, a expliqué l’agent Victor Kwong.

«C’était une attaque complètement gratuite, a-t-il dit. Elle a reçu des coups de poing et des coups de pied.»

La femme est tombée au sol et les assaillants lui ont volé son cellulaire et un peu d’argent avant de s’enfuir, a-t-il ajouté.

L’incident est survenu sous les yeux d’un témoin qui a appelé la police. La femme a été transportée à l’hôpital pour être traitée pour des blessures mineures et a reçu son congé.

La police interroge actuellement des témoins, tente de récupérer les vidéos des caméras de surveillance et demande à tous ceux qui auraient de l’information sur l’attaque d’entrer en contact avec elle.

«Il ne fait aucun doute que c’est motivé par la haine», a déclaré M. Kwong, notant que la police observe habituellement une hausse de ce genre d’incidents après des événements comme ceux survenus à Paris.

Le groupe armé État islamique a revendiqué les attaques de vendredi à Paris, qui ont ébranlé le monde entier. Les autorités françaises ont dit que les attaques avaient été menées par des musulmans extrémistes français sous la supervision d’un Belge qui a combattu en Syrie.

La première ministre ontarienne, Kathleen Wynne, qui représente la circonscription dans laquelle a eu lieu l’attaque, a dit que les Canadiens devaient se dresser face au racisme.

Le maire de Toronto, John Tory, a lui aussi dénoncé l’attaque, qu’il considère «dégoûtante, inacceptable et qui ne reflète pas les valeurs de (la) ville».

L’école à l’extérieur de laquelle la femme a été attaquée a envoyé une lettre aux parents, mardi, reconnaissant «l’incident violent» et soulignant que du soutien était disponible pour les élèves qui en avaient besoin.

La lettre était accompagnée de conseils de sécurité que les parents pouvaient revoir avec leurs enfants, avec des suggestions telles que marcher en compagnie d’un ami pour se rendre à l’école.

Le Conseil national des musulmans canadiens a rappelé aux musulmans d’être vigilants face aux potentielles répliques à la suite des attaques de Paris, affirmant que certains membres de la communauté pouvaient être ciblés.

Le Conseil a condamné les attaques et un graffiti antimusulman, qui a été peint non loin de l’école primaire. Il a aussi demandé aux autorités «d’arrêter rapidement et d’accuser» ceux qui en sont responsables.

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