Josie Desmarais/Métro Jacques Dago, membre du Centre des travailleurs immigrants (CTI), demande une supervision accrue de la CNESST auprès des travailleurs.

Les immigrants qui font affaire avec des agences de placement sont sous-équipés et mal formés, à un point tel que leur sécurité est mise en danger, stipule une enquête de l’Association des travailleurs d’agences de placement (ATTP) rendue publique mercredi.

Plusieurs nouveaux arrivants, ne réussissant pas à se trouver un emploi en raison de la barrière de la langue ou de diplômes non reconnus, se tournent souvent vers les agences de placement. On leur offre alors un boulot temporaire, la plupart du temps au salaire minimum.

Ces agences, qui servent d’entremetteuses aux entreprises en quête d’une main-d’œuvre bon marché, sont d’ailleurs de plus en plus populaires au Québec. En 2008, selon Statistique Canada, on comptait quelque 1200 agences de placement à travers la province.

«La plupart des travailleurs des agences de placement sont des gens vulnérables. Il faut les protéger», a soutenu lors d’un point de presse à Montréal Jacques Dago, du Centre des travailleurs immigrants (CTI).

L’enquête, qui se base sur des rapports de la Commission des normes, de l’équité, de la santé et de la sécurité du travail (CNESST) obtenus grâce au droit à l’information, stipule «qu’il est de la responsabilité de l’employeur de fournir, à ses frais, aux travailleurs tous les moyens et équipements de protection» dont ils ont besoin.

Pourtant, selon M. Dago, la plupart des travailleurs consultés ont dû payer de leurs poches leur équipement. «On oblige les travailleurs à acheter eux-mêmes leurs bottes de sécurité» d’une valeur moyenne 130$, a-t-il dénoncé.

Appelé à commenter le dossier, le porte-parole de la CNESST, Pierre Turgeon, a confirmé à Métro que les employeurs qui refusent de fournir gratuitement l’équipement de sécurité à leurs employés contreviennent à la loi. «C’est à lui [l’employeur] que ça revient en premier lieu la sécurité des travailleurs», a-t-il ajouté.

«Les travailleurs ne peuvent pas revendiquer [de meilleures conditions de travail], car ils ont toujours peur d’être mis dehors» -Jacques Dago, membre du Centre des travailleurs immigrants (CTI)

Accidents de travail

«Je connais un travailleur qui a brûlé son œil parce qu’il ne portait pas de lunettes de protection. Il a temporairement perdu la vue», a confié à Métro Mostafa Henaway, du CTI. Il a également affirmé avoir été témoin d’incidents «chaque semaine» pendant les quatre mois où il a travaillé dans un entrepôt de Dollarama pour le compte d’une agence montréalaise.

Par ailleurs, le rapport précise que «quatre fois sur les 11 accidents dont on connaît les causes, les travailleurs n’avaient pas reçu de formation».

Devant ces constats, Jacques Dago a réclamé une meilleure supervision auprès des employés de la part de la CNESST. «Si on s’aperçoit qu’il y a un problème de prise en charge avec les agences de formation, on va agir», a quant à lui répondu le porte-parole de la commission.

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