youtube Une image tirée du clip controversé de College Boy

Controverse. Indochine est-il allé trop loin? Dans le clip de College Boy, réalisé par Xavier Dolan, des ados s’en prennent à un de leurs petits camarades avec violence. Avant Nicola Sirkis et sa bande, d’autres vidéos ont provoqué quelques remous. Métro en a sélectionné 10, avec un brin de subjectivité.

Pourvu qu’elles soient douces, de Mylène Farmer (1988)

Ah ces jolies fesses blanches! Réalisé par Laurent Boutonnat, ce clip très coquin se déroule au XVIIIe siècle, pendant la guerre de Sept Ans. Très cher pour l’époque (450 000 euros), d’une durée de 17 min 52 s, il va imposer l’univers de Mylène Farmer, qui souhaitait livrer «un pamphlet écrit comme une revanche sur les hommes, les tabous, l’enfance».

Stress, de Justice (2007)

Des jeunes à capuche, arborant des blousons à l’effigie du duo électro français, effectuent une petite virée entre provocations gratuites, violence physique et verbale. À la fin, ils foutent le feu à une voiture… puis dans les ultimes secondes, s’en prennent à la personne qui tient la caméra. «Ça te fait kiffer de filmer ça, fils de pute?» demande l’un d’eux. Signé Romain Gavras, le clip de Stress entend dénoncer le voyeurisme des médias. Le jeune réalisateur récidivera dans un registre similaire trois ans plus tard avec Born Free, de M.I.A.

Like a Prayer, de Madonna (1989)

Soupçonnée de meurtre, la reine de la pop trouve refuge dans une église abandonnée. Où elle baise les pieds de la statue d’un Christ noir. Laquelle prend vie sous nos yeux ébahis, pendant que la chanteuse se découvre des stigmates dans les mains. Réalisé par Mary Lambert, Like a Prayer fera l’objet de nombreuses interprétations. Le plus surprenant à l’époque? Madonna en brune!

Smack My Bitch Up, de Prodigy (1997)

Filmé en caméra subjective, ce clip du groupe électrorock anglais suit un fêtard en boîte de nuit, ses excès en tous genres, jusqu’à son retour, chez lui, avec une bimbo aux (très) gros seins. Surprise, à la fin de la vidéo signée Jonas Akerlund, on découvre, dans un miroir, que le héros de l’histoire est une femme. Et fort jolie.

Lemon Incest, de Charlotte et Serge Gainsbourg (1984)

«Un zeste de citron…» Pas besoin de vous chanter la suite, c’est un des tubes les plus connus de Gainsbarre, extrait de l’album Love on the Beat. Devant la pluie de critiques, son auteur se défendra de faire l’apologie de l’inceste, en dépit de l’ambiguïté du texte et des images. Il dira plutôt célébrer l’amour fusionnel entre un père et sa fille. Laquelle deviendra une spécialiste des rôles-chocs au cinéma.

Saint, de Marilyn Manson (2003)

Spécialiste de la vidéo trash, le chanteur américain se paie les services d’Asia Argento derrière et devant la caméra pour le clip de Saint, extrait de l’album The Golden Age of Grotesque. Scarification, bondage, trait de coke sur la bible… C’est presque trop choc pour être vrai. Le summum est atteint lorsque la réalisatrice-actrice aide Manson à vomir en lui tenant la tête au-dessus de la cuvette. C’est, comment dire… gracieux.

All The Things She Said, de t.A.T.u (2002)

Chemisier, jupette et socquettes blanches, Yulia et Lena s’aiment en secret, quoi qu’en disent les grands. Ce très jeune duo made in Russia va connaître un succès mondial grâce à cet hymne à l’amour entre filles… et à ce clip pluvieux dans lequel elles se font un petit bisou sur la bouche. La chute du mur de l’intolérance, en quelque sorte.

Closer, de Nine Inch Nails (1994)

«I want to feel you from the inside», gémit Trent Reznor sur ce morceau très explicite de l’album The Downward Spiral, élu deuxième chanson la plus sexy de tous les temps par AOL en juillet 2009. Rien que ça. Reste qu’au vu du clip de Mark Romanek, il faut être sacrément secoué pour se faire un câlin là-dessus. Un singe crucifié, une femme chauve et nue, le chanteur masqué pour une soirée SM… Il en faut pour tous les goûts, hein?

Evil Boy, de Die Antwoord (2010)

Ce duo sud-africain a fait sensation quelques mois avec son univers ultraréaliste et franchement barré. Le leader, en caleçon, rivalise de finesse avec un jeune MC sévèrement burné. Les danseuses, aux formes généreuses, font leur petit effet. Tout comme les statues en bois, très explicites. Mention spéciale à la chanteuse albinos et à son bonnet de farfadet. Terrible…

Les divas du dancing, de Lorie (2012)

Fraîchement éliminée de Danse avec les stars, l’ex-idole des jeunes tente de rebondir avec un album, Danse, qui contient cette reprise du tube eighties de Philippe Cataldo. Surprise, la chanteuse nous dévoile son intimité, au réveil, dans son petit appartement. Se dévoile en sous-vêtements, fait un tour au petit coin… et plonge une banane dans un pot de Nutella. Hum.

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Indochine et Dolan vont-ils trop loin?

Le clip de College Boy, réalisé par Xavier Dolan, met en scène un adolescent harcelé jusqu’à l’insoutenable. Des images qui ont heurté des spectateurs, alors qu’Indochine et Dolan ont voulu dénoncer la violence à l’école. Sur des images en noir et blanc, on voit un jeune garçon se faire harceler par ses camarades. Les boulettes de papier précèdent les coups, jusqu’à une terrible scène de crucifixion dans la cour de l’école, sous les yeux bandés des adultes et de ses camarades, qui brandissent leur iPhone pour filmer la scène.

  • Amener une réflexion politique. Dur, le clip l’est assurément. Des voix se sont vite élevées pour en dénoncer la violence. «Nous ne cherchons ni la censure ni le scandale, nous ne visons que les problèmes d’éducation, se défend le chanteur Nicola Sirkis sur le site du journal belge Le Soir. Quand il est possible pour une personne d’acheter des armes sur l’internet et de l’utiliser contre des innocents, il est urgent qu’on entreprenne une sérieuse réflexion politique. Ce clip est triste, beau et violent, comme peut l’être la vie.»
  • Ne pas se tromper d’accusé. Le jeune cinéaste québécois Xavier Dolan, qui signe ici son premier clip, réfute la polémique sur Leparisien.fr : «Je voulais aller jusqu’au bout non pas pour choquer, mais pour montrer que cette situation est possible parce que rien ne l’empêche.» Que son clip ne passe pas à la télévision est une hypocrisie supplémen­taire : «Sur ce genre de chaînes, on voit tellement de scénarios racistes, violents, dégradants notamment pour les femmes. Cela me paraît absurde que ce clip soit censuré.»
  • Ce qui est choquant, ce n’est pas le clip, puissant et merveilleusement filmé. Mais ce qu’il dénonce : le harcèlement à l’école, qui peut conduire à la mort, et l’indifférence des adultes quant à ce problème récurrent. Et vous, qu’en pensez-vous?

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