La mort du Simon Touzin, ce travailleur de 48 ans qui a fait une chute mortelle le 21 septembre lors de travaux de revêtement extérieur à L’Île-des-Soeurs, aurait pu être évitée. Le rapport de la Commission des normes, de l’équité, de la santé et de la sécurité du travail (CNESST) conclut que les règles de sécurité n’ont pas été respectées.

À l’époque, le contremaître de l’entreprise Construction Dion & fils s’affairait à poser des contreplaqués pour composer le plancher de l’échafaud à la hauteur du 7e étage d’un bâtiment résidentiel de la rue Berlioz, entre le boulevard de L’Île-des-Sœurs et la rue Wilson.

M. Touzin n’a pas apposé suffisamment de planches, ce qui a laissé un large trou. Un cinquième et un sixième contreplaqué auraient été nécessaires pour couvrir l’espace entre le plancher et les murs de la résidence.

«Les madriers de 1,83 mètre ont été choisis délibérément par le contremaître, car d’après l’employeur, il était possible d’en couper des plus longs pour qu’ils soient aux bonnes dimensions et ne laissent pas d’ouverture», explique l’inspecteur Patrick Lorazo.

L’ouverture de la plateforme de travail a exposé le contremaître à un danger de chute d’une hauteur de 17,2 mètres.

L’enquête n’a pu déterminer comment il est tombé. Le travailleur s’est d’abord raccroché à l’échafaud. Ses collègues ont tenté de le retenir et de le hisser sur la plateforme, en vain. M. Touzin a été transporté à l’hôpital après sa chute, mais a succombé à ses blessures quelques heures plus tard.

Harnais
Les harnais de sécurité étaient en nombre suffisant pour répondre aux besoins de tous les travailleurs. L’enquête a toutefois révélé que seuls ceux qui posent les madriers ont l’habitude de s’attacher et que les autres se déplacent sans harnais.

«Souvent, les gens vont dire que c’est fatigant de porter le harnais et qu’on peut s’enfarger, souligne un autre inspecteur, Patrick Cyrenne. Je pense que c’est un peu comme la ceinture de sécurité, c’est une habitude à prendre pour que ça devienne plus facile à appliquer et d’ici là, ça passe par l’éducation».

Mesures correctives
À la suite de l’accident, les travaux ont été arrêtés pour que l’employeur apporte des correctifs permanents.

«Pour s’assurer que l’ensemble du chantier soit sécuritaire, un ingénieur est intervenu, notamment pour attester des points d’ancrage en vue d’accrocher les harnais», rapporte M. Lorazo.

La reprise des travaux a ensuite été autorisée et ils touchent à leur fin avec la réfection du mur côté sud, la restauration des cornières et le remplacement des briques.

«Tout employeur a le devoir de mettre en place une démarche de prévention. Il s’agit d’identifier les dangers qui sont sur les lieux de travail, de déterminer les moyens de prévention qui doivent être mis en application et les faire respecter grâce à des mesures de contrôle», rappelle la directrice santé et sécurité de la CNESST, Nicole Dionne.

L’entreprise Construction Dion & fils s’expose à une amende de 16 300 $ pour une première offense, qui pourrait atteindre jusqu’à 326 300 $ en cas de récidive.

La CNESST dispose d’une année, à partir de la date de l’accident, pour émettre un constat d’infraction.

Aussi dans Actualités :

Nous utilisons maintenant la plateforme de commentaires Facebook Comments sur notre site web. Grâce à celle-ci, vous pourrez laisser vos commentaires par l’entremise de votre compte Facebook directement sous les articles sur notre site web. Pour ceux qui ne sont pas membres du réseau social, nous vous invitons à faire vos commentaires via l’adresse courriel opinions@journalmetro.com. Merci de nous lire!