Romain Schué/TC Media Denise Landry, fondatrice de la Fondation de la Visite, et Marie-Josée Desrochers, coordonnatrice, espèrent trouver des financements.

Un organisme maintes fois primé pour son aide aux parents de nouveau-nés dans sept territoires de Montréal est confronté à d’importantes difficultés financières qui menacent son fonctionnement.

Créée par Denise Landry à Montréal-Nord en 1988, la Fondation de la Visite offre gratuitement ses services à près de 150 familles vulnérables de l’île, en grande partie issues de l’immigration. Son travail est si important qu’elle vient d’être nommée entreprise à vocation sociale de l’année par la Chambre de commerce et d’industrie de Montréal-Nord.

Mais, au cours des dernières années, l’organisme a subi plusieurs coupes budgétaires qui mettent en péril son avenir.

«Tous les gouvernements reconnaissent notre pertinence, notre apport, notre qualité, mais on n’est pas aidé à la hauteur de ce qu’on réalise», soupire Denise Landry, directrice de la Fondation de la Visite.

Les activités de la Fondation de la Visite sont indispensables. Elles font partie de l’équation pour surmonter les problématiques que l’on connaît dans l’arrondissement. Elles apportent un support très important pour les enfants et les familles.»
Christine Black, mairesse de Montréal-Nord

Un déficit de plus de 100 000$
Plus de 100 000$ manquent actuellement dans les caisses de la Fondation de la Visite, une somme qui correspond à l’aide potentielle d’une trentaine de familles chaque année.

Creusé progressivement, ce déficit s’est accentué avec l’arrêt en 2013 d’une subvention de 65 000$ accordée par le ministère de l’Immigration, puis la perte de 25 000$ l’année suivante, causée par la baisse de 125 000 à 100 000$ de l’aide apportée par Centraide.

«Nous avons connu des campagnes difficiles et nous avons été obligés de revoir et réanalyser nos investissements auprès de tous les organismes, pour continuer de tous les aider», explique Lyne Harris, directrice du service d’allocations de Centraide du Grand Montréal.

Alors que la Fondation de la Visite compensait ces pertes par des dons privés qui ont récemment disparu, Denise Landry craint de prochaines «mises à pied» si un équilibre financier n’est pas trouvé avant la fin de la prochaine année fiscale.

Un spectacle-bénéfice le 8 décembre
Organisé au Théâtre Fairmount, dès 17h, et animé par Valérie Blais, ce spectacle intitulé Bonheurs d’Enfants accueillera notamment Marina Orsini, Martin Perizzolo et Emmanuel Bilodeau. Tous les fonds sont reversés à la Fondation de la Visite.

Une campagne de dons
Alors que la Fondation de la Visite a compté par le passé jusqu’à 40 employés pour couvrir ses activités, l’organisme installé à Montréal-Nord dans un immeuble acheté il y a près de 20 ans n’en dénombre plus que 31, qui ne bénéficient d’aucune assurance collective. Les heures de travail hebdomadaires ont également diminué, passant de 35 à 32,5.

«On ne peut pas aller plus bas. Tout est investi dans le service aux familles», indique la fondatrice, qui multiplie les initiatives pour «sortir de l’impasse».

Assise devant son bureau, le nez face à quelques chiffres comptables inquiétants, Denise Landry garde le sourire et refuse d’envisager le pire. «Une fermeture? Je n’y crois pas. Mais, j’ai peur de réduire encore l’aide aux familles. On n’a plus le choix, on est face à une impasse. On doit se faire connaître, notamment auprès des gens d’affaires. On espère qu’ils pourront nous soutenir.»

Pour tenter de combler ses difficultés budgétaires, la Fondation de la Visite va également lancer, dans les prochaines semaines, une vaste campagne de dons.


Comment fonctionne l’organisme ?

La Fondation de la Visite travaille avec 21 intervenants, tous issus des quartiers dans lesquels ils exercent. Disponibles 24h/24 et 7 jr/7, ils conseillent, soutiennent et supportent des parents de nouveau-nés qui font gratuitement appel à eux par le biais des CLSC, hôpitaux ou organismes voisins. «Mais, on intervient d’une manière plus large aussi», explique Marie-Josée Desrochers, coordonnatrice à Montréal-Nord d’une équipe de cinq intervenants qui parlent français, anglais, créole, italien et arabe.

«On fait connaître les banques alimentaires, les comptoirs vestimentaires, reprend-elle. Parfois, on voit aussi beaucoup de fatigue, de stress. On est à l’écoute, on tente d’éviter des négligences totalement involontaires.»

Les missions de ces parents-visiteurs, le nom attribué à ces intervenants, peuvent parfois prendre des dimensions plus conséquentes. «On a déjà évité des menaces de suicide ou des violences conjugales», assure Denise Landry.

La Fondation de la Visite en chiffres

  • 900 000$: le budget de fonctionnement annuel
  • 3500$: le prix approximatif de l’accompagnement annuel d’une famille
  • 150: le nombre de familles aidées actuellement, dont 80% sont issues de l’immigration et installées au Québec depuis moins de 5 ans
  • 31: le nombre d’employés, dont 21 intervenants présents sur le terrain qui aident jusqu’à huit familles
  • 7: le nombre de territoires couverts (Montréal-Nord, Hochelaga-Maisonneuve, Notre-Dame-de-Grâce, Bordeaux-Cartierville, Saint-Pierre/Lachine/Dorval, Hampstead/Côte-Saint-Luc, Côte-des-Neiges)
  • 6 mois: le temps passé, en moyenne, par les intervenants auprès des familles. Un chiffre qui peut varier.

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