Gracieuseté/Arrondissement Verdun Le plan d'accessibilité universelle a été adopté le 1er novembre par les élus de Verdun.

En adoptant son nouveau Plan d’accessibilité universelle le 1er novembre, Verdun s’est doté d’une politique qui va bien au-delà des normes actuelles à Montréal. Le Regroupement activiste pour l’inclusion au Québec (RAPLIQ) souhaite même que la ville-centre l’utilise comme modèle pour élaborer sa propre stratégie.

En plus d’adapter les infrastructures municipales, Verdun exigera désormais que toutes les rénovations de commerces et constructions de bâtiments respectent des normes d’accessibilité pour que les personnes à mobilité réduite, celles avec une limitation fonctionnelle ou les parents avec poussette puissent circuler plus librement.

«On veut faire comprendre aux entrepreneurs et aux commerçants que l’adaptation n’est pas une dépense, c’est un investissement. Ça emmène plus de clients, plus de locataires potentiels», souligne le maire Jean-François Parenteau, ajoutant que ces mesures ne sont pas vraiment plus dispendieuses à réaliser quand on les planifie d’avance.

«En fait, ça devrait aller de soi quand on construit ou qu’on rénove, autant que l’électricité ou la plomberie», croit-il.

Aider le privé  
Un des axes les plus innovateurs du plan vient même modifier le règlement d’urbanisme en y ajoutant des normes en accessibilité universelle comme critères d’évaluation des nouveaux projets.

Les élus s’engagent aussi à demander à la ville-centre de les prendre en considération pour l’octroi d’aide financière en rénovation en plus de développer un nouveau programme complémentaire de subventions pour les commerçants à l’arrondissement.

«Montréal a toujours eu peur d’imposer quoi que ce soit aux commerçants, sous prétexte qu’ils paient des taxes. En comparaison, le plan de Verdun est agressif, mais très rafraîchissant», commente la présidente du Regroupement activiste pour l’inclusion au Québec (RAPLIQ), Linda Gauthier.

L’organisme n’a jamais été satisfait de la politique de la ville-centre, qui se limite à adapter les bâtiments municipaux. «C’est bien beau, mais je ne m’achète pas de jeans à la mairie et je ne fais pas mon épicerie à la bibliothèque», ironise Mme Gauthier.

Râtisser large
Des formations seront données à tous les employés de l’arrondissement, des cols bleus aux élus, en passant par les fonctionnaires pour qu’ils apprennent à tenir compte des besoins des personnes vivant avec des limitations fonctionnelles dans chacune de leurs décisions.

«Ça a l’air de rien, mais juste un trou dans l’asphalte au bas d’une descente de trottoir, ça peut être un enjeu. Avec des employés bien formés, des réparations vont pouvoir être effectuées plus rapidement», fait valoir le maire qui, quand il était propriétaire de la boutique orthopédique l’Autonome, a vu bien des roues de marchettes brisées par ces trous dans la chaussée.

Le plan d’action a également pour objectif d’embaucher davantage de personnes avec des limitations fonctionnelles au sein de l’arrondissement.

L’accessibilité a déjà été prise en considération dans plusieurs projets de Verdun comme la plage urbaine, le parc Wilson et la réfection de l’Auditorium.

Verdun comptait, au dernier recensement fédéral en 2011 66 000 habitants. Parmi ceux-ci, près du tiers des personnes de 15 ans ou plus vivaient avec une limitation fonctionnelle.

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