Qui a manqué le bateau?

Au cours des deux dernières années, le Québec est entré dans une nouvelle ère négative, soit celle de la collusion et de la corruption. Selon les conversations et les médias, les responsables de cette situation ont beaucoup fréquenté le bateau de Tony Accurso. Est-ce véritablement ces personnes qu’il faut blâmer pour ces supposés crimes? Les récentes déclarations spectaculaires de Lino Zambito et de Gilles Surprenant devant la Commission Charbonneau nous montrent qu’il s’agit d’un système infecté d’un virus général touchant non seulement la construction, mais aussi le financement des partis politiques, les garderies pour enfants, l’émission des contrats d’achat de fournitures par nos organismes publics et d’autres à identifier.

Pendant qu’on s’affaire à croire que le bateau de M. Accurso est le lien dans toute cette affaire, comment se fait-il que nos élus, qui ont la responsabilité de bien gérer nos biens et services publics, n’ont pas vu cette situation se détériorer au cours des dernières décennies? Rappelons-nous la très grande réticence du premier ministre Jean Charest à convoquer une commission d’enquête.
Rappelons-nous les nombreuses répliques du maire Gérald Tremblay répétant qu’il n’était au courant de rien.  Ces gouvernants étaient portés à s’attaquer à quelques individus plutôt qu’à un système corrompu.

Avec toutes ces argumentations, nous devons tous nous poser la question : Qui a vraiment manqué le bateau? Sans vouloir rendre les individus du crime organisé moins coupables qu’ils ne le sont, ceux qui ont fermé les yeux volontairement ou involontairement sont probablement aussi responsables. N’oublions pas que c’est à ces personnes que la population du Québec a confié le mandat de bien s’occuper de nos biens et services.

Réjean Langlois, Saint-Bruno

Le courage de Lino Zambito

Un homme qui a le courage de ses opinions comme Lino Zambito, c’est relativement rare et cela vaut la peine d’être souligné.

C’est vrai qu’en raison du laxisme opportuniste de nos dirigeants politiques et la corruption de certains d’entre eux qui, grâce à son témoignage, sont enfin dénoncés, il a dû admettre qu’il avait contribué aux pots-de-vin dans un système mafieux qu’il n’approuvait pas, mais qu’il n’avait pas le choix de suivre s’il voulait que sa compagnie survive.

C’est facile pour les «vierges offensées» de le condamner en disant qu’à sa place, elles auraient préféré déposer le bilan et être ruinées plutôt que de céder à la mafia! Quelle lâcheté!

Mais si on y réfléchit bien, ce qu’a fait M. Zambito, c’est à peu près le même travail que celui de l’ancien agent du FBI Joseph Pistone, mieux connu sous le pseudonyme de Donnie Brasco, utilisé pour infiltrer la famille Bonanno durant six ans. M. Pistone n’a pas eu le choix, pour s’intégrer à long terme dans la mafia, il a dû commettre des crimes. On ne l’a retiré qu’au moment où il aurait dû commettre un meurtre.

Lino Zambito, lui non plus, n’a pas commis de meurtre et ses crimes sont tout à fait semblables à ceux que Joseph Pistone a commis pendant six ans.

La différence? L’un était payé par le FBI, l’autre n’était pas payé par la GRC… Mais le résultat est le même.

Qui veut la fin veut les moyens.

Jean-Pierre Corneillet

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