Il est minuit moins une

Mme Pauline Marois, première ministre, À l’approche du déclenchement des élections, il est impératif que votre gouvernement adopte une politique nationale en itinérance, comme il s’était engagé à le faire dans son discours inaugural. Votre ministre Véronique Hivon a piloté depuis des travaux pour doter le Québec d’une telle politique. Cette dernière est demandée depuis 2006 par les membres du Réseau Solidarité itinérance du Québec, largement soutenue et toujours de plus en plus nécessaire. Ce qui se vit dans la rue, 365 jours par an, en témoigne.

À l’instar de la politique en matière de violence conjugale et de celle de lutte contre l’homophobie, cette politique en itinérance doit affirmer notre refus, comme société, de voir le phénomène se développer comme une fatalité. Elle doit servir de levier pour que des actions pertinentes soient menées à tous les niveaux, pour réduire et prévenir le phénomène.

Déjà en 2009, une commission parlementaire sur l’itinérance, mise en place à l’initiative de votre parti, avait recommandé à l’unanimité «l’adoption d’une politique en itinérance dans les plus brefs délais». Le délai a déjà été beaucoup trop long, ne le prolongez pas, adoptez-la dès maintenant, avant que le Québec aille aux urnes.

Pierre Gaudreau, coordonnateur du Réseau d’aide aux personnes seules et itinérantes de Montréal (RAPSIM)

Ils vivent au-dessus de nos moyens

En préparation du budget que le gouvernement québécois doit déposer jeudi, on entend le Conseil du patronat dire que le Québec vit au-dessus de ses moyens et que ses programmes sociaux devraient être moins généreux.

Trouvez-vous que les personnes âgées dans les CHSLD vivent au-dessus de leurs moyens?

Trouvez-vous que les personnes seules ou itinérantes vivent au-dessus de leurs moyens?

Trouvez-vous que les chômeurs vivent au-dessus de leurs moyens?

Trouvez-vous que les mères monoparentales vivent au-dessus de leurs moyens? Trouvez-vous que les personnes malades et handicapées vivent au-dessus de leurs moyens?

Les dirigeants d’entreprise, les banquiers, les financiers de toutes sortes, ils ne vivent pas au-dessus de leurs moyens? En tout cas, ils vivent certainement au-dessus de nos moyens.

On propose de réduire les programmes sociaux. Qui propose ça? Des gens qui bénéficient d’exemptions fiscales, qui profitent de subventions, qui reçoivent des salaires astronomiques, qui se font donner nos ressources naturelles, en fait qu’on paye pour qu’ils exploitent nos ressources.

Alors, dites-moi, pourquoi le Conseil du patronat ne propose-t-il pas qu’on soit moins généreux avec les nantis? Ah, mais la réponse est toute faite : «Parce qu’ils créent des emplois!» N’est-ce pas formidable, ils créent des emplois!

En tout cas, s’ils en créaient, j’imagine que ça se verrait quelque part. Plus on applique leurs recettes, plus le tissu social se délite, et une frange de plus en plus grande de la population sombre dans la pauvreté.

Ce qu’on voit surtout, c’est que ces gens-là, quand ils veulent augmenter la production, fidèles aux méthodes de nouvelle gestion, congédient ceux qui sont en première ligne et embauchent plus de cadres et, hélas, ça se vérifie tant dans les entreprises manufacturières que dans la grande distribution, et même dans le secteur public et parapublic. Si les employés prenaient en main leurs entreprises, elles fonctionneraient mieux et il y aurait plus d’embauche.

Messieurs du patronat, on vous prendra au sérieux quand vous donnerez l’exemple, vous qui vivez au-dessus de nos moyens. Si vous tenez tant à payer la dette dont vous nous avez accablés vous-mêmes grâce à votre système financier, eh bien, cotisez-vous entre vous.

Francis Lagacé, Montréal

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