Nos Sherpas québécois

Ils ont l’air en forme. Le sourire facile et le regard franc. On les distingue par leur empreinte de verres fumés sur un visage bronzé. Pourtant, ils arrivent du Nord, du Grand Nord. Il ne faut surtout pas croire qu’ils se doraient la couenne au soleil sans rien faire.

Lundi 5 mai, les Karibu Marie-Andrée Fortin, Jacob Racine, Sébastien Dugas et Bruno-Pierre Couture ont rallié Kuujjuaq après 2 000 km en ski de fond depuis Mont-réal. Pourquoi relever un tel défi? Lors d’une rencontre émouvante à la Maison des cyclistes à Montréal, ces guides en tourisme d’aventure nous expliquaient avec enthousiasme leur objectif : un ardent désir de faire la promotion de l’hiver, du territoire et de s’adonner à des activités saines en plein air.

Le germe de cette expédition est né d’une conversation fortuite entre Jacob et Claude Duguay, un participant à une première expédition du genre accomplie en 1980. Il n’y avait pas de GPS à cette époque. Une boussole, une carte, des vêtements en Gore-Tex et les moyens de communication se limitant à un téléphone satellite donnaient dans le rudimentaire. Lorsque Claude a parlé de son exploit à Jacob, ce dernier avoue s’être mis à saigner du nez tellement l’idée l’avait renversé.

C’est facile d’en parler quand tout est accompli et sans incident majeur. Toutefois, ça prend un sacré caractère pour réussir un tel périple. Ils ne dramatisent en rien les faits. À les entendre, on dirait qu’ils arrivent d’un immense terrain de jeux. La glace qui enrobe le sac de couchage la nuit, la neige abondante, le froid intense qui dégonfle le matelas à plat durant la nuit, le rationnement des vivres sur presque trois semaines et un moment d’inquiétude lors d’une poudreuse soudaine qui a fait perdre de vue Marie-Andrée pendant près d’une heure. Le thermomètre a eu beau descendre à – 45 oC, ils se rappellent aussi les aurores boréales fabuleuses, le sentiment d’avoir traversé un territoire plus grand que nature et d’avoir rencontré des gens accueillants.

Une constellation nordique est née dans le ciel québécois. Confiants, expérimentés, ils ont relevé le défi avec brio. Il ne serait pas étonnant de voir une vague d’inspiration réveiller chez d’autres le goût d’aller jouer dehors. En remerciant chaudement les Karibus pour ce bel exploit hivernal.

Claire St-Cyr

Combien de vies te reste-t-il?

Pas facile, la cohabitation piéton-cycliste-automobiliste… Dans la courte période de la fin de semaine, j’ai noté des agissements aberrants.

Samedi matin, sur une petite rue entourant le mont Royal, nous étions à la recherche d’un stationnement. Deux cyclistes roulant en sens inverse font un doigt d’honneur à mon conjoint… qui ne conduisait vraiment pas vite. Les rues sont beaucoup trop étroites pour rouler à plus de 30 km/h, et il semble bien que le seul fait d’être automobiliste lui a valu ce doigt d’honneur…

Samedi après-midi, près de l’oratoire Saint-Joseph, notre feu est vert. Une femme d’une cinquantaine d’années traverse sur le feu rouge. Elle ne regarde pas s’il y a des autos qui s’en viennent. Elle est seule au monde.

Dimanche, dans le stationnement du Canadian Tire à Saint-Léonard, je suis dans la voie principale. Un jeune homme d’une trentaine d’années sort en trombe d’une allée secondaire. Je freine et le klaxonne. Il se met à m’engueuler.
Non mais, vous avez combien de vies?

Les accidents de la route ne surviennent pas tous sur les autoroutes à 150 km/h et plus! Il n’y a pas que des biens matériels en jeu, il y a des vies… les vôtres aussi! Le pire, ce n’est pas de mourir, mais bien de rester handicapé ou paralysé pour le reste de sa vie. La vraie vie, ce n’est pas un jeu vidéo. Il n’y a pas de seconde chance. Tenons-nous-le pour dit!

Johanne Dubois, Montréal

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