Lassana Bathily, tout simplement

Ce tout nouveau digne fils de la France a de quoi être fier de lui. Il y a encore quelques jours, ce jeune homme de 24 ans n’était tout simplement qu’un des ces immigrants qui essaient d’améliorer leur existence par le travail.

Ce travail lui permet de côtoyer des dizaines de personnes au quotidien. Des clients qui sortent et entrent et des collègues à qui on s’attache. La routine, comme diront certains!

Puis arrive cette journée où trois fous furieux décident de tenir la France tout entière en haleine au lendemain de l’attentat à

Charlie Hebdo. Lassana Bathily, ce jeune employé du supermarché Hyper Cacher est à son travail comme d’habitude. Je parierais qu’il ne se doutait pas du rôle qu’il s’apprêtait à jouer pour sauver des vies.

Lassana Bathily ne se pose pas plus de questions qu’il ne faut pour poser, sans le savoir, le geste qui va changer son statut légal. Il connaît très bien le magasin et agit en cachant des clients avant de s’extirper du guêpier. Dehors, en tant que témoin oculaire de la scène de crime, il aide la police en fournissant des informations clés. Nous connaissons la suite.
Je prends ma plume pour dire combien je suis admirative du courage de ce citoyen du monde.

Lassana Bathily, c’est l’image de l’homme dans sa beauté première. Prêt à aider sans avoir d’a priori sur la couleur, l’origine et/ou la croyance.Lassana Bathily, c’est un héros qui ne veut pas être nommé comme tel. Il a dit dans l’une de ses interviews qui font le tour des médias :«Je ne suis pas un héros, je suis Lassana et je resterai moi-même.»

À l’ère de la recherche de gloire où nous vivons, Lassana Bathily, c’est l’image d’une jeunesse qui défie les conventions.

Lassana Bathily, c’est un exemple qu’on aimerait faire connaître à nos concitoyens.

À l’instar du sergent d’armes Kevin Vickers et de plusieurs autres que les médias ne nous feront jamais connaître, ces héros des temps modernes méritent plus que tout, un gros merci. Un gros merci pour nous permettre de croire
en l’humain.

Patricia Muanda-Tsimba

Le fil d’Ariane de la violence

Comment ne pas voir de relation entre les écarts extrêmes de richesse révélés par Oxfam il y a quelques jours et la prolifération de groupes intégristes islamiques dans les zones les plus démunies de la planète?

La misère et le désespoir qui frappent le Moyen-Orient déstabilisé par les conséquences de l’intervention américaine en Irak ainsi que le Nigeria, où environ les deux tiers de la population vivent sous le seuil de la pauvreté grandissent sans cesse les rangs d’État islamique et de Boko Haram dans ces régions du globe.

Au lieu d’évoquer encore et encore une «guerre contre le terrorisme» exacerbant la haine et la violence, il devient de plus en plus nécessaire de remonter enfin le fil d’Ariane reliant la pauvreté à l’extrémisme religieux, tout en s’interrogeant sur le problème des inégalités sociales dans le monde.

Jimmy St-Gelais

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