Coupez ailleurs!

La plupart d’entre nous ont conçu leurs enfants sans l’aide de personne (!), mais certains couples ont dû recourir à la procréation assistée pour réaliser leur rêve de fonder une famille.Avec le nouveau projet de loi 20 du ministre de la Santé, les couples infertiles vont vivre un calvaire de plus!

Si vous avez déjà eu droit à une fécondation in vitro, vous devrez «payer» la deuxième. Pas de problème si vous avez deux bons gros salaires (comme le couple du ministre, par exemple), mais si vous avez un revenu familial de 50 000 $, c’est moins évident de mettre 15 000 $ de côté au cours de l’année…

Équilibre budgétaire à atteindre à tout prix? Soit! Coupez ailleurs, M. le ministre! Pourquoi pas dans les salaires des médecins par exemple, ou des ministres, tiens… Après tout, comme l’a dit votre ex-collègue de l’Éducation à propos des élèves privés de nouveaux livres, aucun d’entre euxne mourra d’avoir 2 000 $ de moins par an!

Qui a le droit de priver les gens d’un des plus grands bonheurs de la vie, celui de devenir parents? Si vous vous mariez sur le tard, que madame a 43 ans, avec cette nouvelle loi, vous ne pourrez pas profiter de la fécondation in vitro, ni aux frais de l’État, ni à vos propres frais. Eh ben oui ma p’tite dame, fallait se marier plus jeune… Pourtant, beaucoup de femmes tombent enceintes naturellement jusqu’à 45 ans. M. le ministre a-t-il le droit de fixer des limites arbitrairement, sans consultation? Simplement pour une histoire d’argent? On parle ici de donner la vie, pas de bénéficier d’aide financière pour ses loisirs ou son confort.

Leila Nouar

L’ennemi utile

Les résultats de deux récents sondages réalisés auprès des Québécois – l’un sur le projet de loi antiterroriste C-51 et l’autre sur l’approbation de l’établissement d’une mosquée à proximité – montrent une propension à l’islamophobie de plus en plus prononcée dans la population. Une conclusion qui étonne quand on songe à l’esprit de tolérance qui nous anime habituellement. De toute évidence, les incidents survenus à Ottawa, à Saint-Jean-sur-Richelieu et à l’international ont suscité l’éveil d’une crainte face à ceux qui sont différents.

Néanmoins, il faut se remémorer un autre pan de notre histoire afin de mieux saisir la genèse d’une telle dérive xénophobe.

Il existait, dans les années 1930 et 1940 du siècle dernier, un sentiment antisémite prédominant au Québec. Le juif, durant cette période troublée de crise économique et de bruits de guerre, était ostracisé, tout comme le musulman commence à l’être à notre époque… une époque tout aussi inquiétante, avec le terrorisme et la «grande récession».

L’inconscient collectif nous joue parfois de mauvais tours. Face à l’inquiétude, nous cherchons un coupable et un fautif pour exorciser nos peurs ainsi que nos tourments… et c’est malheureusement de cette façon que nous créons ce que l’on peut appeler «l’ennemi utile».

Jimmy St-Gelais

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