Neutralité à la canadienne

Avec le projet de loi sur la neutralité (et non la laïcité) de l’État, le gouvernement Couillard révèle encore un peu plus son côté multi-culturaliste, à l’image de son Canada chéri.

En effet, en maintenant la présence de tous les signes ou vêtements religieux (sauf s’ils cachent le visage) dans les officines publiques d’un État en quête d’officialisation de son caractère laïc, le projet tend à reproduire ce qui se passe dans les fonctions publiques au Canada, patrie des contacts gentils et même généreux entre les différentes communautés ethno-religieuses évoluant les unes aux côtés des autres.

Engagé dans une quête d’un interculturalisme toujours mal défini dans ses applications pratiques, notre pays du Québec, laïc dans les faits, avait, et a toujours, besoin d’une loi qui établirait clairement que l’appareil gouvernemental et paragouvernemental est ouvert à toutes et à tous, croyants ou non-croyants, ce qui requerrait une neutralité explicite afin que toutes les personnes avec ou sans religion se sentent respectées.

Dans son projet de loi favorisant la marche vers la neutralité de l’État, le PM Couillard manifeste son «indépendance» par rapport au peuple d’ici dont lui seul semble connaître les besoins profonds. Dans l’état actuel du projet, dans les enceintes gouvernementales, seraient conservés les signes religieux traditionnels, notamment le crucifix, vestige, parmi d’autres, de la religion jadis pratiquée par la majorité de la population. Même si une grande proportion de cette dernière ose penser qu’elle pourrait s’en dispenser. Serait également protégée la présence de signes et autres vêtements religieux portés par des Québécoises et des Québécois de souches plus récentes, auxquels ces personnes sont attachées.   

Si on oublie le crucifix, l’Assemblée nationale et les instances du gouvernement de la province de Québec ressembleront aux parlements des autres provinces. Heureux d’avoir ainsi atteint son objectif de contribuer à l’unité canadienne, le PM pourra laisser au temps le soin de faire s’évanouir le caractère francophone du territoire québécois, seul élément qui contrecarre toujours l’avènement d’un Canada uniformément rouge (comme l’unifolié), anglophone et… non-laïque.

Normand Breault

Une réforme nécessaire

Le gouvernement du Québec a présenté, le 12 juin 2015, le projet de loi no 56, annonçait la Loi sur la transparence
en matière de lobbyisme.

Le projet de loi proposé réglera plusieurs problèmes importants rencontrés au fil des ans. Confier le registre des lobbyistes directement au Commissaire au lobbyisme facilitera grandement l’application et l’interprétation de la loi. Imposer des obligations aux titulaires de charges publiques amènera un certain équilibre quant aux obligations déjà nombreuses des lobbyistes. Inclure les organismes à but non lucratif corrigera une anomalie qui ne correspondait pas à la réalité concrète du lobbyisme au Québec.

Par ailleurs, le projet de loi no 56 prévoit la déclaration préalable des mandats au registre des lobbyistes, en plus de la production d’un bilan trimestriel. Nous misons sur une consultation élargie en commission parlementaire afin de faire en sorte que ces nouvelles obligations ne se traduisent pas par un fardeau administratif exagéré pour les lobbyistes.

Enfin, sur la question des organismes à but non lucratif, il faut souligner que le gouvernement a prévu des exclusions en matière de financement et concernant les bénévoles.

Par Mathieu Santerre,

président de l’Association
québécoise des lobbyistes

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