Les parents, ultime recours?

Certains s’interrogent sur l’instrumentalisation possible de l’appui des parents par les syndicats et les commissions scolaires dans le débat sur le financement du système d’éducation. Ils soutiennent ainsi le gouvernement qui, par cet amalgame, tente de discréditer la mobilisation des parents qu’il ne parvient pas à endiguer. Permettez-nous de rectifier les faits.

Loin d’entériner les décisions des commissions scolaires ou de prendre parti dans les joutes politiques de celles-ci face au ministère, les parents sont à même de constater les effets désastreux des compressions budgétaires dans l’éducation. Ils voient qu’elles touchent de plein fouet les services aux élèves et réduisent la capacité de l’école publique à répondre adéquatement aux besoins des enfants. C’est inacceptable! Voilà pourquoi nous avons réalisé les chaînes humaines, ces actions citoyennes, apolitiques et indépendantes qui ont réuni 8 000 personnes devant près d’une centaine d’écoles du Québec le 1er juin dernier.

Et nous serons encore plus nombreux à répéter l’opération le 1er septembre!

Les enseignants décrient depuis longtemps le désastre annoncé. Les commissions scolaires annoncent les choix budgétaires crève-cœur qu’elles ont dû se résoudre à faire pour suivre les règles budgétaires qu’impose Québec. Soudainement, les discours des parents, enseignants et commissaires convergent au-delà de leurs intérêts spécifiques, et ce, dans plusieurs régions. Pourquoi? Parce que l’école publique est à un point de non-retour. Les compressions doivent cesser et l’éducation doit devenir une priorité au Québec.

Rappelons les faits : malgré une surpopulation de plus en plus importante dans les écoles, on réduit les budgets. Les conséquences annoncées sont dramatiques. On parle d’une diminution du soutien aux élèves en difficulté engendrée par des réductions importantes de personnel spécialisé (psychoéducateurs, éducateurs spécialisés, orthopédagogues, etc.) malgré leur intégration dans les classes ordinaires. Ajoutez à cela l’augmentation du nombre d’élèves par groupe dès la troisième année, l’abolition de postes de conseillers pédagogiques et de directions adjointes, l’élimination des ratios enseignant/élèves spécifiques aux classes des milieux défavorisés, l’abandon de programmes d’aide au devoir et d’aide alimentaire, l’abolition de services de transport scolaire ainsi que des compressions marquées dans les services de garde.

Il ne s’agit pas d’un scénario catastrophe hypothétique comme le laisse croire le ministre Blais : les effets de ces compressions toucheront nos écoles – et nos enfants – dès la rentrée 2015! L’arrivée des parents dans le débat gêne le gouvernement dans l’application de ses décisions. Leur mobilisation est peut-être le dernier rempart qui protégera ce droit fondamental, mais aussi cette ressource formidable qu’est l’éducation de qualité pour tous au Québec.

Pascale Grignon

Porte-parole du Regroupement 

«Je protège mon école publique»

Expulsion indigne

Un article du Journal de Montréal du 22 juin 2015 faisait état de l’expulsion par des employés de Spectra d’un vendeur du journal L’itinéraire (un moyen bien connu des Montréalais pour favoriser la réinsertion dans la vie active de nombreuses personnes en difficultés) m’a fait réellement bondir et m’a indigné à un point que vous ne pouvez imaginer. Cette politique est indigne et sans cœur…

À L’équipe de Spectra, je dirais ceci : vous vous dites modernes, ouverts aux autres, mais vous pratiquez une ségrégation sociale tout en prospérant grâce aux artistes (auxquels on prête généralement un sens de l’humanisme dont vous semblez être désespérément dépourvus). Si une compagnie florissante comme la vôtre, qui en principe célèbre et promeut la beauté et la liberté à travers les créateurs artistiques, ignore à ce point la notion élémentaire de justice, alors il est désespérant de constater que vous semblez être devenus désormais bien sourds à la société à laquelle vous semblez oublier que vous appartenez.

Il vous serait pourtant bien facile de réparer cette injustice. Mais je doute que vous le fassiez… Lirez-vous seulement ce courrier? Sachez que je n’attends de vous ni réponse, ni justification, seulement un petit acte d’ouverture… rassurez-vous, ça ne vous coûtera rien! Ayez-donc, s’il vous plaît, la décence de tolérer que les gens essayent de se démerder comme ils peuvent pour se sortir de l’ornière, et qu’ils puissent le faire sur le territoire de la Ville de Montréal, qui, je vous le rappelle, n’est PAS votre domaine personnel et sur lequel TOUS les citoyens sont égaux en droit.

Philippe Noireaut

Auteur-compositeur-interprète

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