Métropole du XXIe siècle

J’ai assisté avec beaucoup d’intérêt à la conférence de presse consacrée à la construction du système léger sur rail (SLR). Nos décideurs publics n’avaient pas tort de s’exprimer avec enthousiasme : le «plus grand projet de transport collectif depuis le métro de Montréal, en 1966», affirmait le maire de Montréal, Denis Coderre. La «Baie James à Mont­réal», ajoutait le ministre des Transports, Jacques Daoust.

Il s’agit effectivement d’un des projets les plus inspirants en termes de transport collectif et d’aménagement du territoire dans le grand Montréal depuis fort longtemps. Complètement automatisé et alimenté par le réseau électrique, ce système de transport permettra à tous de se déplacer rapidement et, semble-t-il, à coût raisonnable, sur une grande partie de la région métropolitaine de Montréal.

Le chef de Projet Montréal, Luc Ferrandez, a tout de même rappelé que les résidants de l’île de Montréal risquaient d’y gagner peu, en raison des stations dites «potentielles» (lire : non prévues), dont quatre sont situées au cœur de la ville. Ce bémol me semble toutefois négligeable, car le réseau serait relié aux systèmes de transports déjà existants, incluant celui du métro de Montréal. Cela est particulièrement intéressant puisqu’il permettrait aux usagers de la STM d’utiliser le système léger sur rail comme point de relais pour atteindre des endroits qui ne sont pas desservis efficacement, comme la portion ouest de la ville.

Il ne faut pas non plus perdre de vue que le prolongement de la ligne bleue du métro demeure une priorité pour le gouvernement Couillard comme pour l’administration Coderre. Le projet de construction de cinq stations de métro vers les galeries d’Anjou viendrait ainsi décupler l’intérêt d’un train, car il permettrait de relier véritablement l’est de la ville au reste du système de transport, que ce soit au métro ou au train.

Il est vrai cependant qu’on ne sait pas exactement de quelle façon le SLR sera intégré au réseau de la STM et à quel coût. On peut se demander si la carte OPUS pourrait servir de carte d’accès universelle au système de transport, par exemple.Finalement, la question de la rentabilité du projet inquiète l’Association québécoise des retraités des secteurs public et parapublic (AQRP).

Je suis récemment revenu à Montréal après avoir habité six mois au Japon et en Corée du Sud. Les systèmes de transport collectif de leurs métropoles respectives sont avancés, efficaces et fluides à un tel point que l’idée de se procurer une voiture y perd tout son intérêt. La ville de Tokyo est entièrement quadrillée, non seulement par un système de métro moderne, mais également par un système de train facilement accessible et abordable. À cela vient se greffer un service d’autobus pour compléter à un réseau déjà très bien développé. Si le projet annoncé en grande pompe voyait effectivement le jour à Montréal, il ne fait aucun doute que cela contribuerait fortement à rapprocher la ville des grandes métropoles du monde. Entre le bitume crevassé du mois d’avril un peu blafard, le béton des viaducs lézardés et l’échangeur Turcot qui tombe en ruine, notre métropole mérite depuis longtemps un vrai projet de transport collectif qui assure à tous une mobilité urbaine sûre, respectueuse de l’environnement et efficace.
Laurent Trempe, Montréal, Finissant à la maîtrise en administration publique à l’ENAP

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